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Interrogez suffisamment de Britanniques sur ce qui les a poussés à tout plaquer pour s’installer en Thaïlande, et les histoires finissent par se ressembler.
J’en avais assez de la vie au Royaume‑Uni. Elle devenait trop chère pour moi. Passionné de longue date par le Muay Thaï, le choix semblait couler de source.
Un fil conducteur traverse toutes ces raisons. Les gens tenaient à s’éloigner de quelque chose, ou étaient bien décidés à s’installer en Thaïlande pour quelque chose.
Ils avaient un plan, et il tenait en une phrase : je ne suis pas heureux au Royaume‑Uni, je le serai en Thaïlande.
Mon histoire n’était pas celle‑là. Je n’étais pas malheureux au Royaume‑Uni. Et je ne rêvais pas particulièrement de m’installer en Thaïlande.
À vrai dire, je ne connaissais quasiment rien de la Thaïlande, à part les vieux clichés éculés.
J’avais 23 ans, sorti de l’université depuis peu. Je voulais voyager sur la durée, six mois environ, et découvrir un endroit différent.
J’ai décidé de m’installer en Thaïlande sur un coup de tête. Il y avait des emplois rémunérés. Il y faisait beau. Il y avait des plages. J’aimais le curry vert. L’affaire était entendue.
C’était en 2010. Je suis toujours là. La Thaïlande a ce petit quelque chose.
Cet article vous explique comment vous installer en Thaïlande, survivre à la première année en tant que nouvel enseignant et vous épanouir au pays du sourire.
Points clés
- S’installer en Thaïlande est plus simple quand peu de choses vous retiennent. L’auteur a quitté le Royaume‑Uni à 23 ans, sans bien immobilier ni personne à charge, et s’est décidé presque sur un coup de tête.
- Enseigner l’anglais est la voie d’entrée la plus courante, et la plupart des écoles exigent une licence. Un certificat TEFL améliore vos chances, et suivre la formation en Thaïlande vous apprend à gérer des élèves thaïlandais.
- Cherchez votre propre emploi plutôt que de vous reposer sur le placement d’un programme TEFL. Essayez ajarn.com pour les postes d’enseignement, jobsdb.com pour les autres emplois, et les groupes Facebook pour des informations de terrain honnêtes.
- Réglez le côté pratique en amont : le bon visa, une assurance voyage ou santé, les billets d’avion, et les documents dont vous aurez besoin à votre arrivée.
- Une fois sur place, vous signerez un contrat de travail, ouvrirez un compte bancaire thaïlandais et vous installerez dans votre poste, ce qui donne des premiers mois éprouvants mais gratifiants.
- Votre premier poste d’enseignant n’a pas à être le dernier. L’auteur a fini par trouver un emploi mieux rémunéré à Bangkok en gagnant de l’expérience.
- Plus de dix ans après, l’auteur ne regrette rien, mais ce départ a fonctionné parce qu’il est resté ouvert d’esprit et n’a cessé de s’adapter au lieu de poursuivre un rêve figé.
Planifier le départ
Contrairement aux expatriés que j’ai mentionnés plus haut, je ne me suis pas cassé la tête pour décider de m’installer en Thaïlande.

Je voulais voyager depuis la fin de mes études. J’étais jeune, sans bien immobilier, sans personne à charge, sans rien de ce qui rend stressant un déménagement dans un nouveau pays.
J’occupais un emploi qui ne me satisfaisait pas et j’étais prêt à partir à la première occasion.
J’ai économisé pour la Thaïlande et j’ai fait des recherches sur les emplois disponibles. Je savais que l’enseignement de l’anglais était à ma portée, alors la première chose que j’ai faite a été de m’inscrire à une formation TEFL.
Obtenir un TEFL
J’ai obtenu mon TEFL auprès d’un centre de formation local. C’était un atelier d’un week‑end organisé dans ma ville natale, Cardiff.
La formation était correcte, mais avec le recul, je m’en serais bien passé. À l’époque, aucune école en Thaïlande ne m’avait demandé de présenter mon TEFL, même quand l’annonce en faisait mention. Mais la situation a changé depuis, et l’avoir peut désormais augmenter vos chances de décrocher un poste.
Si c’était à refaire, je suivrais la formation TEFL en Thaïlande plutôt que dans mon pays, car de nombreux centres ici enseignent comment gérer des élèves thaïlandais. Par ailleurs, dans la plupart des cas, une licence au minimum est exigée pour obtenir un poste d’enseignant ici.
Rechercher des opportunités d’emploi
Bien que le centre de formation m’ait trouvé un poste via son programme, si c’était à refaire, je chercherais sans doute par moi‑même.
En tant qu’enseignant, je faisais essentiellement du gardiennage d’enfants pour presque rien. Cela dit, c’était agréable d’être accompagné pendant les premiers mois, le temps de m’acclimater à l’enseignement.
En tant que futur expatrié, plusieurs voies professionnelles s’offrent à vous en Thaïlande :
- 17 emplois pour les expatriés en Thaïlande
- Emplois dans l’informatique en Thaïlande
- Trouver un emploi en Thaïlande
ajarn.com est un bon site pour chercher un poste d’enseignant : c’est l’un des plus grands sites d’offres d’emploi dans ce domaine en Thaïlande, ajarn.com.
Un site comme jobsdb.com constitue un bon point de départ pour les emplois hors enseignement.
Cela semble évident, mais avant d’accepter un poste, prenez le temps de vous renseigner.
Des groupes Facebook comme Teaching Jobs in Thailand constituent une bonne source d’informations sur la réalité du terrain en Thaïlande.
Aussi formidable que soit la Thaïlande, les employeurs peu scrupuleux n’y manquent pas. Et nous avons tous entendu des histoires d’horreur.
Une simple recherche Google peut faire des merveilles pour votre tranquillité d’esprit.
Bien sûr, selon vos compétences, vous pouvez réserver un vol pour la Thaïlande et chercher du travail une fois sur place.
Faites‑vous toujours votre propre opinion d’un employeur potentiel avant d’accepter un poste.
Faire une demande de visa
Le centre de formation TEFL que j’avais choisi avait un partenaire en Thaïlande qui m’a aidé à obtenir mon visa.
Ils étaient spécialisés dans le placement d’enseignants étrangers dans des écoles reculées de Thaïlande rurale, des endroits où les gens ne se seraient guère aventurés seuls.
Ils se sont aussi occupés des détails pratiques : me trouver un appartement et régler mon visa.
J’ai reçu chez moi les documents nécessaires pour mon visa non‑immigrant « B ». Je l’ai fait traiter au consulat de Thaïlande de Cardiff, sans aucune difficulté.
Si vous avez déjà un emploi prévu en Thaïlande, votre demande de visa devrait se dérouler sans accroc.
Mais si vous n’avez pas d’emploi prévu et que vous ne pouvez pas obtenir un visa de mariage, vous devrez entrer en Thaïlande avec un visa touristique.
Bien que les Britanniques puissent bénéficier d’une exemption de visa, celle‑ci ne garantit que trente jours sur le territoire. Et il peut vous falloir vingt jours restants sur votre visa pour le faire évoluer.
Il existe deux types de visas touristiques :
Le SETV vous donne soixante jours dans le Royaume, et vous pouvez le prolonger de trente jours dans n’importe quel bureau de l’immigration.
Le METV vous offre la même durée, et vous permet de quitter le pays puis d’y revenir pour obtenir soixante jours supplémentaires, avec possibilité de prolongation.
Concrètement, cela signifie que vous pouvez rester en Thaïlande trois mois, voire six, ce qui vous laisse largement le temps de trouver un emploi et de vous installer.
Je recommande le SETV : quatre‑vingt‑dix jours devraient suffire pour décrocher un emploi.
Vous pouvez demander l’un de ces visas dans n’importe quel consulat de Thaïlande au Royaume‑Uni. Voici la liste complète des consulats de Thaïlande au Royaume‑Uni.
Une fois un emploi trouvé en Thaïlande, vous pouvez convertir votre visa touristique en visa de travail.
Certains emplois exigent un extrait de casier judiciaire de votre pays d’origine.
Obtenir cet extrait, appelé Disclosure and Barring Service (DBS), est assez simple pour les citoyens d’Angleterre et du pays de Galles. Un certificat de police ACRO peut parfois être demandé. Vérifiez auprès de votre employeur ou de votre ambassade ce qui est exactement requis.
Rester en sécurité
La Thaïlande est un pays sûr. Des troubles civils de grande ampleur ont peu de chances de survenir pendant votre séjour, même si de petits accrochages restent possibles.
La leçon à retenir :
- restez informé
- évitez tout ce qui ressemble à un point chaud
- ne partagez pas vos opinions politiques avec des inconnus
En suivant ces trois principes, tout devrait bien se passer.
Vous pouvez aussi surveiller les conseils aux voyageurs du gouvernement britannique.
Ils peuvent parfois sembler alarmistes, mais ils donnent une bonne base pour savoir quels endroits éviter.
Souscrire une assurance
Parmi les démarches effectuées en attendant mon départ pour la Thaïlande figurait la souscription d’une assurance santé.
Contrairement à d’autres pays, la Thaïlande et le Royaume‑Uni n’ont pas d’accord de réciprocité en matière de santé. En cas de problème, vous payez de votre poche.
Pensant encore rester six mois, j’ai opté pour une formule d’assurance voyage basique chez Swiftcover, aujourd’hui abandonnée.
Aujourd’hui, l’école pour laquelle je travaille me fournit une assurance.
Si vous n’avez pas d’emploi garanti ou si vous envisagez de devenir indépendant, souscrivez une police par précaution.
Plusieurs assurances voyage réputées sont actuellement disponibles. Consultez notre guide de l’assurance voyage pour en savoir plus.
Vous pouvez aussi souscrire une assurance via Luma Health. Elle propose une couverture complète à des tarifs compétitifs.
Réserver son vol
J’ai réservé mon vol via Skyscanner. Il me restait de bonnes économies, alors je me suis offert un vol direct de nuit entre Londres et Bangkok. La dernière chose que je voulais gérer pendant un grand départ, c’était les transferts aéroportuaires.
J’ai bouclé mes valises, et en quelques jours j’étais dans un avion quittant l’aéroport d’Heathrow, sirotant un verre de vin gratuit et écoutant mon iPod (c’était 2010, après tout).
Après un long vol sans sommeil, l’avion a traversé un amas de nuages gris et j’ai enfin pu voir la Thaïlande.
Vue du ciel, elle paraissait exotique. Un épais tapis vert de jungle recouvrait les bosses et les crêtes des montagnes. Des filaments de brume s’accrochaient aux sommets.
Nous avons entamé la descente, et en une heure je marchais dans l’immense hall de l’aéroport de Suvarnabhumi, en Thaïlande pour la première fois.
Autres préparatifs
J’ai fait les vaccins recommandés pour la Thaïlande, dont la rage et l’encéphalite japonaise (tous pris en charge par le NHS), et j’ai pris des comprimés antipaludiques.
J’ai acheté une pile d’adaptateurs et toute une nouvelle garde‑robe adaptée au climat thaïlandais.
Et j’ai converti mes livres sterling en bahts thaïlandais au cas où j’aurais eu besoin de liquide en urgence. C’est un miracle que je ne me sois pas fait agresser en sortant du bureau de change.
Pour une option plus sûre, vous pouvez utiliser votre carte de débit britannique ou une carte Wise en vivant en Thaïlande, du moins jusqu’à ce que vous ayez un compte bancaire thaïlandais et un salaire.
Pour en savoir plus sur la gestion des espèces en Thaïlande, consultez notre guide sur l’envoi d’argent vers la Thaïlande.
Arriver en Thaïlande
L’agence qui m’avait aidé pour le visa a envoyé du personnel m’accueillir à l’aéroport. J’ai retrouvé mon contact, me suis présenté, puis j’ai grimpé dans un minivan et regardé défiler la skyline de Bangkok.

J’ai été logé dans un studio simple mais confortable, dans le quartier résidentiel de Bang Sue à Bangkok.
Vous pourriez avoir besoin d’aide à l’aéroport en arrivant en Thaïlande. Si c’est le cas, consultez notre guide sur les transferts à l’aéroport de Bangkok. Si vous atterrissez ailleurs en Thaïlande, consultez notre guide sur les transferts aéroportuaires en Thaïlande.
Signer les contrats
J’ai passé ma première semaine en Thaïlande à courir d’un bureau à l’autre, signer des documents et rencontrer du monde. J’ai signé mon contrat, qui détaillait les horaires de travail, les congés maladie, les jours fériés, etc.
Jeune et naïf, j’ai signé sans poser de questions. Mais avec le recul, et mieux informé aujourd’hui, je contesterais certaines clauses de ce contrat.
Le contrat ne durait que six mois, ce qui ne me posait pas problème puisque je comptais repartir à cette échéance de toute façon.
Mais pour mes emplois suivants, j’ai exigé des contrats de douze mois afin de conserver mon permis de travail.
Certains employeurs peu scrupuleux dans l’enseignement imposent des contrats de onze mois à leur personnel. Cela leur évite de payer un mois de salaire complet.
Et cela vous oblige à faire un visa run à la fin de chaque contrat avant de pouvoir demander un permis de travail pour un second contrat.
La leçon que j’en ai tirée, c’est qu’il vaut mieux décrocher un poste qui vous permet d’obtenir un permis de travail immédiatement, pour vous éviter tout casse‑tête.
Ouvrir un compte bancaire
L’agence qui m’avait aidé pour le visa m’a aussi aidé à ouvrir un compte bancaire thaïlandais. Ils m’ont emmené dans une agence de la Bangkok Bank, où j’ai remis nos passeports et un dépôt de 200 bahts.
Mais n’espérez pas que l’ouverture d’un compte bancaire en Thaïlande se déroule aussi facilement si vous vous en occupez vous‑même.
Les documents exigés pour ouvrir un compte varient d’une agence à l’autre.
Par exemple, de nombreuses banques exigent des étrangers qu’ils aient un permis de travail avant d’ouvrir un compte.
Débuter au travail
J’ai enseigné l’anglais dans une école appelée Anuban Kalasin, autrement dit l’école maternelle de Kalasin.
C’était une école maternelle et primaire publique, à deux pas de mon appartement.
Je pensais que l’école me laisserait observer quelques cours ou préparer des plans de leçon avant de me lâcher devant une classe pleine d’élèves.
Imaginez mon effroi lorsque, après une brève visite de l’école le premier jour, on m’a conduit dans une classe d’élèves du primaire aux yeux écarquillés, puis planté là.
Dire que ce fut un baptême du feu serait un euphémisme. Ma seule expérience de l’enseignement se limitait à quelques brèves démonstrations avec mes camarades pendant la formation TEFL.
Je ne le répéterai jamais assez : j’étais totalement mal préparé pour enseigner l’anglais en Thaïlande.
Après m’être présenté d’une voix nerveuse, le chaos s’est déclenché. La salle a sombré dans l’anarchie. Les enfants se lançaient des crayons et des pétards, se battaient et se balançaient au plafond.
Je suis sorti en courant chercher l’aide d’une enseignante thaïlandaise dans la classe voisine. Elle est entrée d’un pas décidé, a sévèrement sermonné les enfants, puis m’a laissé me débrouiller.
Même à moitié calmés, les enfants n’ont pas empêché la classe de tourner au désastre. Mon cours préparé est tombé à plat, car la plupart des enfants savaient à peine lire ou écrire.
Je doute que la moitié d’entre eux ait compris un seul mot de ce que je disais.
Ce genre de scène allait devenir monnaie courante dans mon premier poste d’enseignant d’anglais en Thaïlande.
Rester en Thaïlande
Alors que mon stage touchait à sa fin, je commençais à m’habituer à la vie en Thaïlande.
Je pouvais commander tranquillement au restaurant, marchander avec les vendeurs de vêtements du Plaza ou acheter des billets de bus.

Partir aussi vite semblait dommage, alors j’ai accepté de rester un trimestre de plus.
J’ai signé un nouveau contrat à temps plein, ce qui signifiait un salaire complet.
Comme il n’y avait pas de poste non stagiaire à Kalasin, j’ai été affecté à la ville de Kantharalak, à la frontière cambodgienne, dans la province de Si Sa Ket.
J’ai travaillé un an dans un lycée de Kantharalak avant de décider que c’en était assez et de vouloir rentrer chez moi.
Mais, comme cela arrive souvent, les choses ne se sont pas arrangées au Royaume‑Uni. Mon travail ne me satisfaisait pas, et je n’avais pas encore complètement chassé la fièvre du voyage.
Il me fallait retourner en Thaïlande, et vite.
Après un an au Royaume‑Uni, je suis reparti en Thaïlande fin 2012. Je me suis réinscrit au programme TEFL. Cette fois, j’ai été affecté à la province de Phayao, dans le Nord.
J’ai de nouveau tenu mon contrat jusqu’au bout, mais la Thaïlande rurale commençait à m’ennuyer. L’appel de la grande ville se faisait sentir, et je voulais gagner plus d’argent.
Il était temps de partir pour Bangkok.
Trouver du travail à Bangkok
En février 2013, j’ai commencé à chercher du travail. Sur le vieil ordinateur poussif de mon école, j’ai passé au crible ajarn.com à la recherche d’offres à Bangkok et bombardé les écoles de mon CV.
Pendant les mois suivants, j’ai passé chaque week‑end dans des trajets en bus de huit heures pour aller passer des entretiens en ville, avant de retourner travailler à Phayao le lundi.
J’avais quelques pistes prometteuses : des missions d’agence mieux payées, des écoles privées et des écoles internationales de second rang à Bangkok.
Alors j’ai tenté le coup. Quand mon contrat a expiré fin mars, j’ai décidé de m’installer à Bangkok.
Au pire, si aucun des postes pour lesquels j’avais passé un entretien ne me recontactait, j’aurais pu postuler pour un poste dans une école de langues.
J’ai décroché mon poste actuel dans une école privée du quartier de Sukhumvit grâce à un ancien collègue qui a changé de crèmerie peu après mon arrivée à Bangkok.
Depuis, j’ai décroché toutes sortes de petits boulots par le biais d’amis d’amis rencontrés au travail : cours particuliers, relecture, missions de rédaction.
Le réseautage permet de décrocher un bon emploi en Thaïlande.
Vivre à Bangkok
Je me suis installé à Bangkok en 2013. Cela m’étonne et m’effraie chaque fois que j’y pense.
J’ai fait du chemin depuis le matin où je suis arrivé au terminal de bus de Mo Chit avec ma valise, sans emploi et sans savoir comment je tiendrais jusqu’à la fin du mois.
Aujourd’hui, je loue un condo à Bangkok, près de Sukhumvit Road. J’achète des produits importés et cuisine dans ma propre cuisine. Le week‑end, je bois des bières artisanales et des cocktails à Ekamai.
J’enseigne l’anglais dans une école privée où la plupart des enfants parlent déjà anglais. Et je travaille à l’obtention d’une qualification pédagogique de troisième cycle reconnue.
Je suis désormais bien installé, confortablement, dans cette bulle expatriée dont je me targuais jadis, avec un brin de suffisance, de ne pas faire partie.
J’ai aussi pris quelques kilos, à force de me faire trimballer en BTS et en moto‑taxi dès que je franchis le seuil de ma porte.
Je suis à peu près sûr que le jeune homme de 23 ans que j’étais me trouverait pathétique.
Mais je suis aussi fier de la vie que je me suis construite ici. J’ai commencé à poursuivre mon rêve de toujours : devenir écrivain.
Je m’attelle aussi à transformer ce qui n’était autrefois qu’un moyen d’arriver à mes fins, l’enseignement, en quelque chose qui ressemble à une véritable carrière.
Et alors qu’autrefois j’enseignais pour rester en Thaïlande, aujourd’hui je trouve mon travail si gratifiant que je reste en Thaïlande pour enseigner.
Acheter un bien immobilier
Je ne sais toujours pas si je veux passer le reste de ma vie en Thaïlande. Le monde est vaste. J’ai encore envie d’en voir beaucoup plus, alors pour l’instant, je loue.
Mais de nombreux expatriés qui se sont engagés à rester durablement en Thaïlande achètent un condo en Thaïlande.
Pour être propriétaire à part entière, les étrangers sont limités aux condos. Et nous ne pouvons pas posséder plus de 49 % des unités d’un même immeuble.
Le bon côté, c’est que les condos sont moins chers que leurs équivalents occidentaux, et qu’ils ne manquent pas dans une Bangkok surdéveloppée.
Vous pouvez en apprendre plus sur cette démarche grâce à un témoignage envoyé par l’un de nos lecteurs : l’expérience de Steve pour l’achat d’un condo à Bangkok.
Si vous êtes propriétaire au Royaume‑Uni, vous avez peut‑être hésité à vendre avant le grand départ.
Avec le recul
J’ai parcouru un chemin long et étrange, du jeune voyageur naïf tout juste sorti de l’université à l’expatrié installé à Bangkok. Et si j’ai appris quelque chose, c’est bien ce qu’il ne faut pas faire.

J’ai vécu de nombreuses expériences uniques en découvrant la Thaïlande par le chemin le plus long.
J’ai fêté le nouvel an avec des lanternes enflammées sur les rives d’un lac du Nord.
J’ai vu des missiles fendre le ciel aux côtés de journalistes de la BBC et d’Al‑Jazeera pendant le conflit frontalier entre la Thaïlande et le Cambodge en 2011.
Mais j’aurais obtenu une qualification d’enseignement bien plus tôt : au minimum un CELTA, le PGCEi de l’université de Nottingham, ou le master en éducation de Framingham State.
L’expérience, c’est bien, mais avoir les diplômes pour l’appuyer est utile pour décrocher les postes bien rémunérés dans les écoles internationales.
Je considérais autrefois le travail ici comme un simple moyen d’arriver à mes fins. Mais depuis que j’occupe un poste que je trouve gratifiant, je ne passe plus mon temps à regarder l’horloge en rêvant d’être ailleurs.
Investissez‑vous. Profitez‑en.
Et pendant votre temps libre, vous avez à portée de main des plages de classe mondiale, de superbes panoramas montagneux et une cuisine excellente.
Que demander de plus ?