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Pour prononcer correctement le thaï, il faut prendre le temps de bien maîtriser chaque son. Les sons sont les briques de base d’une langue : on les assemble d’abord en mots, puis en phrases. Comme la grammaire thaïe reste assez simple, il suffit de connaître un certain nombre de mots pour pouvoir les combiner facilement en phrases. Pas de conjugaisons verbales ni de déclinaisons à gérer.
Il est vrai qu’en abordant le thaï par l’une des nombreuses méthodes de romanisation, on retient du vocabulaire de base plus vite qu’un étudiant qui commence directement par l’alphabet thaï. Le problème, c’est que vos chances d’être compris restent minces. Les gens devinent sans doute ce que vous voulez dire avec un « Salut », un « Au revoir » ou un « Comment allez-vous ? », mais cela relève souvent de la conjecture. Dès que vous essayez d’élargir votre vocabulaire et d’aborder des sujets plus substantiels, vous risquez fort de ne récolter que des regards perplexes.
Beaucoup affirment que l’apprentissage de l’écriture est indispensable pour bien prononcer le thaï, et que ce n’est pas si difficile (c’est vrai). Ce qui manque en revanche, c’est un bon tutoriel expliquant comment produire des sons auxquels votre bouche n’est pas habituée.
Contents
- Avoir une représentation visuelle
- Positionner sa langue, ses lèvres, sa gorge et sa bouche
- Le ton n’est pas le vrai problème
- Discuter avec un locuteur natif
Avoir une représentation visuelle
Comme beaucoup de langues indiennes, l’alphabet thaï correspond directement à la bouche humaine, mais pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude de penser à sa bouche, son nez, sa gorge et sa langue, l’exercice peut vite devenir compliqué.
Un ami chanteur m’a rendu visite pendant une semaine, et il faisait partie des rares personnes capables de prononcer parfaitement des mots thaïs après ne les avoir entendus qu’une ou deux fois. Les chanteurs ont l’habitude de considérer la bouche comme un instrument, ce qui n’est pas notre cas à tous.
Lorsqu’on apprend une nouvelle langue, il est essentiel de prendre le temps de comprendre comment faire reproduire les sons requis à sa bouche avant de se plonger dans le vocabulaire.
L’avantage du thaï, c’est que chaque lettre et chaque voyelle correspond (en général) à un seul son. Il existe quelques exceptions lorsque des consonnes changent de prononciation en fin de mot, mais tout cela suit des règles faciles à retenir.
Certaines prononciations non standard se sont malheureusement glissées dans la langue au fil du temps, mais elles sont bien moins nombreuses qu’en anglais, où même des mots aussi simples que « go » et « do » ont des sons vocaliques totalement différents.
Positionner sa langue, ses lèvres, sa gorge et sa bouche
En abordant la phonétique thaïe, où il faut penser à la position de la langue, des lèvres, de la gorge et de la bouche, on peut avoir l’impression qu’il sera totalement impossible de parler cette langue avec une fluidité proche de celle de l’anglais.
Il est vrai qu’au début, les mots sortiront lentement (mais correctement), mais toute cette réflexion finira par s’estomper. En travaillant avec la méthode, vous constaterez avec le temps que votre bouche fait naturellement ce qu’il faut, sans que vous ayez besoin d’y penser.
Le thaï compte 21 sons consonantiques distincts, représentés par 44 caractères différents. Les voyelles se construisent à partir de 16 symboles, pour un total de 9 voyelles simples, 12 voyelles doubles (diphtongues) et 3 voyelles triples (triphtongues).
Le ton n’est pas le vrai problème
Au-delà de la représentation visuelle de la langue, les nouveaux élèves de thaï sont souvent intimidés à l’idée de devoir produire des tons. Certains vont même jusqu’à se dire incapables de faire les bons sons, se prétendant « sourds aux tons ». Pourtant, comme peut en témoigner quiconque a déjà passé une soirée dans un karaoké thaï, de nombreux Thaïlandais peu doués musicalement parlent parfaitement leur propre langue.
Les tons sont surtout le résultat d’un bon contrôle de la gorge, de la langue et du nez, un exercice auquel la plupart d’entre nous ne sont pas habitués, mais qui devient possible avec un peu de travail.
Discuter avec un locuteur natif
Voici la méthode que tous les guides déconseillent : trouvez un locuteur natif qui articule bien et touchez sa tête pendant qu’il prononce les consonnes. En tant qu’étrangers apprenant le thaï, nous devons vraiment réfléchir aux sons qui se forment dans la gorge, les lèvres et le nez ; il faut aussi identifier les sons qui nécessitent une expulsion d’air par la bouche (aspirés) et ceux qui n’en nécessitent pas.
Le problème avec ces sons, c’est qu’au début, votre oreille aura du mal à distinguer les nuances subtiles entre une prononciation correcte et incorrecte. La difficulté est renforcée par le fait que la plupart des locuteurs natifs se contenteront de vous dire que c’est faux, sans pouvoir expliquer précisément ce qui ne va pas, tant ils sont éloignés du processus d’apprentissage. Tant que votre oreille ne s’est pas habituée à ces sons, le toucher offre une couche supplémentaire pour vraiment comprendre ce qui se passe.
Vous pouvez accélérer ce processus en discutant avec un professeur de thaï expérimenté.
Tableau des sons
Le tableau ci-dessous répartit les consonnes selon l’endroit de la bouche où le son doit se former. Ne vous précipitez pas : apprendre une seule ligne par semaine peut déjà suffire. N’oubliez pas que cette partie de la langue est essentielle.

Face à des informations présentées sous forme de tableau, deux réactions reviennent souvent : soit l’enthousiasme, soit la lassitude qui pousse à passer vite. Si vous aimez les données organisées en lignes et en colonnes, vous pouvez vous lancer directement. Si ce format vous intimide plutôt, prenez un moment pour vous familiariser avec sa logique.
Cela peut sembler être beaucoup d’informations difficiles à digérer d’un coup, mais aborder le système d’écriture thaï est vraiment important pour bien maîtriser les sons. Entraînez-vous avec un locuteur natif pour les assimiler. Le temps et l’énergie investis ici feront une énorme différence lorsque vous commencerez à apprendre le vocabulaire.
Pour utiliser ce tableau, vous devez également être capable de mémoriser toutes les consonnes.
Voisées et non voisées…
La différence entre consonnes voisées et non voisées tient à ce qui se passe au niveau de vos cordes vocales.

Les consonnes voisées font vibrer les cordes vocales, contrairement aux non voisées. Pour bien saisir cette différence, posez légèrement l’index à la base de la gorge d’un Thaïlandais pendant qu’il lit les troisième et quatrième lignes. Faites de même avec votre propre gorge en parcourant les consonnes. Si vous ne sentez aucun changement entre les sons voisés et non voisés, c’est que votre prononciation n’est pas correcte.
Aspirées et non aspirées…

Les sons aspirés nécessitent qu’un léger souffle d’air soit expulsé de la bouche, tandis que les sons non aspirés n’en requièrent aucun. Essayez cette expérience avec la première ligne du tableau. Demandez d’abord à un ami thaïlandais de prononcer les cinq consonnes de la ligne, et essayez de répéter chaque son une seule fois. Au second essai, placez une paume à environ cinq centimètres de sa bouche et l’autre à la même distance de la vôtre. Repérez les sons qui provoquent un léger souffle d’air et assurez-vous que votre bouche fait de même.

Nasale…
Les sons nasaux provoquent une légère sensation dans le nez au moment où ils sortent. Il ne s’agit pas d’un grand souffle d’air, c’est bien plus subtil que cela. Inutile de mettre le doigt dans le nez de votre ami pour sentir la différence, mais si vous avez du mal, essayez de placer le bout de votre auriculaire dans votre propre nez. Vous devriez sentir une légère vibration en prononçant ง.
Semi-voyelle…
Une semi-voyelle se situe dans cet entre-deux flou entre voyelle et consonne. Aux États-Unis, on nous disait que le Y était tantôt une voyelle, tantôt une consonne, sans jamais vraiment expliquer ce que cela signifiait. D’un point de vue linguistique, la différence entre consonnes et voyelles se joue au niveau de la gorge : les voyelles se prononcent gorge ouverte, tandis que les consonnes demandent une certaine constriction. Pour une semi-voyelle, la gorge n’est que partiellement obstruée. Tout cela peut sembler un peu confus (ça l’est), mais ne vous en inquiétez pas trop. À force de travailler les lettres et de vous familiariser avec votre bouche et votre gorge, tout deviendra plus clair.
Fricative…
Une fricative se forme lorsque l’air est comprimé à travers un canal étroit créé dans la bouche. Les lettres ซ ศ ษ ส appartiennent à une sous-catégorie de fricatives appelées sibilantes, proches du son S en anglais. Elles se forment lorsque l’air est poussé à travers les dents.
Latérale…
Les consonnes latérales se forment lorsque l’air s’échappe d’un côté ou des deux côtés de la langue. En thaï, les sons ล et ฬ ressemblent au L anglais et se forment lorsque la langue touche les dents et que l’air s’échappe autour d’elle.
Battue…
Les consonnes battues résultent d’une seule contraction musculaire : la langue vient en quelque sorte frapper contre elle-même. C’est un concept difficile à saisir de prime abord, mais comme pour les autres points délicats, contentez-vous d’en comprendre les bases avant d’y revenir progressivement en travaillant cette lettre.
Autre point important à noter dans ce tableau : chaque ligne regroupe les sons selon la partie du corps sollicitée pour les produire. Dans la première ligne, c’est la gorge qui doit s’activer pour obtenir le bon son. Si je recommande d’avancer une ligne à la fois, c’est que la plupart des gens n’ont pas l’habitude de penser à ces parties du corps, et il vaut mieux prendre le temps de bien maîtriser chaque son. Si vous faites cet effort maintenant pour maîtriser ces briques sonores, vous serez ravi du résultat lorsque vous commencerez à les assembler en mots.
Vous remarquerez qu’en plus de regrouper les sons selon leur point d’articulation, les lignes rassemblent aussi des sons similaires. La première ligne contient des sons proches du K/G anglais, la seconde des sons proches du J/CH/Y. Cette proximité s’explique par le fait qu’ils se forment dans une zone similaire de la bouche, ce qui constitue un moyen mnémotechnique supplémentaire pour mémoriser les lettres.
Vélaire…
Les consonnes vélaires se prononcent avec l’arrière de la langue proche du voile du palais, cette partie souple et charnue située à l’arrière du palais. Prenez le temps de vous exercer sur les quatre consonnes de ce groupe et observez vraiment ce qui se passe avec votre langue.
Palatale…
Pour les consonnes palatales, le bout de la langue se dirige vers le palais dur, situé à l’avant du palais (mais sans aller jusqu’aux dents). Chacune des cinq consonnes de ce groupe demande à la langue de se relever et d’effleurer le palais dur. La première consonne de ce groupe est particulièrement délicate à cause de sa ressemblance sonore avec le J anglais. Observez ce que fait votre langue en prononçant le mot anglais « jazz » : elle reste plutôt basse dans la bouche. Beaucoup de gens supposent que จ se prononce comme le J de jazz, alors qu’en réalité la langue doit se placer ailleurs. Travaillez cette colonne lentement et assurez-vous que votre langue va au bon endroit pour chaque lettre.
Dentale…
Les consonnes dentales forment le plus grand groupe et représentent le plus grand défi à l’écrit. Bien que visuellement différentes, elles sont phonétiquement très proches. Chacun des sept sous-groupes ne correspond qu’à un seul son ; la grande variété de lettres sert à couvrir tous les tons et à intégrer les mots d’origine sanskrite et pali.
Labiale…
Comme leur nom l’indique, les consonnes labiales se forment au niveau des lèvres. Ici, les yeux seront plus utiles que les doigts : observez attentivement les lèvres de votre ami pendant qu’il parcourt cette ligne.
Laryngales…
Cette catégorie est un peu plus délicate, car il n’y a pas grand-chose à voir ou à sentir. Le son se forme dans le larynx, les cordes vocales étant partiellement fermées et partiellement vibrantes. Essayez de penser à cette partie de votre corps en prononçant ces lettres.