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La grande difficulté quand on apprend à « parler » thaï, ce sont bien sûr les tons : il en existe cinq, le ton moyen, le ton bas, le ton descendant, le ton haut et le ton montant.
Comparer l’anglais et le thaï permet de mieux comprendre la place qu’occupent les tons dans ces deux langues.
L’anglais et le thaï sont tous deux des langues « à tons ». En anglais, le ton se joue au niveau de la phrase ; en thaï, il se joue au niveau du mot. Un changement de ton en anglais enrichit généralement le sens d’une phrase, alors qu’en thaï, il change le sens du mot lui-même.
On appelle cela « la musique de la langue ». Comme pour une chanson, chaque langue a ses mots et sa musique, et il faut maîtriser les deux pour bien parler.
Contents
- Le ton thaï est-il vraiment important ?
- Comprendre les règles de ton
- Les tons et les consonnes
- Les marques de ton
- Tableau des règles de ton thaï
- Schémas de ton
- Schéma de ton pour une consonne de classe basse (CB)
- Schéma de ton pour une consonne de classe moyenne (CM)
- Schéma de ton pour une consonne de classe haute (CH)
- Schéma de ton pour ห + consonnes de classe basse non appariées (CB)
- Schéma de ton pour les syllabes mortes à voyelle longue
- Schéma de ton pour les voyelles courtes
- Règles simplifiées des tons thaïs
- Améliorer votre ton thaï
- Comment bien prononcer les tons ?
- Le piège des tons thaïs
- Améliorer son ton en fredonnant
- À lire ensuite
Le ton thaï est-il vraiment important ?
L’une des plus grandes erreurs chez les apprenants du thaï est de ne pas prendre les tons au sérieux. Si vous vous trompez de ton, peu importe votre vocabulaire, votre niveau de lecture et d’écriture ou le contexte dans lequel vous parlez : personne ne vous comprendra.
Nuançons un peu. Avec des amis proches, qui passent beaucoup de temps avec vous, il est possible qu’ils arrivent à « décoder » des tons incorrects et à deviner ce que vous voulez dire. Mais cela devient alors un idiolecte, une langue personnelle que seules quelques personnes comprennent. Ce n’est plus du thaï.
Voici pourquoi les tons sont si importants. Les sons de l’anglais se répartissent en trois éléments essentiels : les consonnes, les voyelles et l’intonation ou l’accentuation.
Si vous vous trompez sur l’un de ces éléments, votre interlocuteur aura du mal à vous comprendre. Prenons l’exemple des consonnes. Vous voulez dire « your life is fine » (ta vie va bien), mais vous confondez les consonnes et prononcez « your wife is mine » (ta femme est à moi) : seulement deux petits changements de consonnes. Mais dites cela à la mauvaise personne et vous comprendrez vite à quel point les consonnes comptent en anglais. On parle alors de changement « morphémique » : il modifie le sens du mot. Personne ne dirait qu’apprendre les consonnes et les voyelles de l’anglais est sans importance. Pourquoi alors certains estiment-ils que les tons thaïs ne sont pas essentiels pour parler et se faire comprendre ?
En thaï, les tons comptent tout autant que les consonnes et les voyelles. Un changement de ton entraîne un changement « morphémique » du mot, exactement comme un changement de consonne ou de voyelle : le mot prend un sens différent. Parler un thaï sans tons revient à prononcer tous les mots anglais avec une seule consonne. « Your life is fine » deviendrait alors « tour tife is tine ».
Certains estiment qu’il suffit de prononcer une approximation du mot thaï et de laisser les Thaïlandais deviner le sens grâce au contexte. N’attendez pas qu’un Thaïlandais comprenne une phrase sans tons uniquement grâce au contexte : le contexte vous aiderait-il à comprendre « tour tife is tine » ?
Comprendre les règles de ton
Des règles permettent de déterminer le ton de chaque mot. Il est utile de les connaître, mais inutile de toutes les retenir par cœur : certaines personnes parlent un thaï parfaitement correct sans connaître la moindre règle de ton.
Les tons et les consonnes
Les tons thaïs sont directement liés aux consonnes, comme suit :
- les consonnes de classe moyenne peuvent produire les cinq tons. Il y a 9 consonnes de classe moyenne : ก จ ฎ ฏ ด ต บ ป อ
- les consonnes de classe haute peuvent produire 3 tons : le ton bas, le ton descendant et le ton montant. Il y a 11 consonnes de classe haute : ข ฃ ฉ ฐ ถ ผ ฝ ศ ษ ส ห
- les consonnes de classe basse peuvent produire 3 tons : le ton moyen, le ton descendant et le ton haut. Il y a 24 consonnes de classe basse : ค ฅ ฆ ง ช ซ ฌ ญ ฑ ฒ ณ ท ธ น พ ฟ ภ ม ย ร ล ว ฬ ฮ
Les consonnes de classe basse se divisent elles-mêmes en deux catégories :
- les consonnes de classe basse « non appariées », qui ont leur propre son initial. Il y en a 10 : ง ญ ณ น ม ย ร ล ว ฬ
- les consonnes de classe basse dont le son initial est identique à celui des consonnes de classe haute. Il y en a 14 : ค ฅ ฆ ช ซ ฌ ฑ ฒ ท ธ พ ฟ ภ ฮ
Les marques de ton
Il existe quatre marques de ton, placées au-dessus des consonnes pour indiquer le ton à prononcer :
- -่ (may eek) : indique en général un ton bas
- -้ (may tho) : indique en général un ton descendant
- -๊ (may tee) : indique en général un ton haut
- -๋ (may jad ta waa) : indique en général un ton montant
Le ton peut changer selon la classe de la consonne. Voyez le tableau ci-dessous.
Tableau des règles de ton thaï

Schémas de ton
Pour prononcer les tons thaïs, certaines règles dépendent de la classe de la consonne (classe moyenne, classe haute, classe basse).
Schéma de ton pour une consonne de classe basse (CB)
CB (sans marque de ton) + voyelle longue = ton moyen. Par exemple : มา, นอน, งาน
CB (avec la première marque « may eek ») + voyelle longue = ton descendant. Par exemple : ค่า, ที่, พ่อ
CB (avec la deuxième marque « may tho ») + voyelle longue = ton haut. Par exemple : ช้า, ร้อย, ล้อ
Schéma de ton pour une consonne de classe moyenne (CM)
CM (sans marque de ton) + voyelle longue = ton moyen. Par exemple : ตา, ดู, เอา
CM (avec la première marque « may eek ») + voyelle longue = ton bas. Par exemple : เก่า, ป่า, ไก่
CM (avec la deuxième marque « may tho ») + voyelle longue = ton descendant. Par exemple : ต้อง, อ้วน, แก้ว
CM (avec la troisième marque « may tee ») + voyelle longue = ton haut. Par exemple : เก๊, เกี๊ยว, แก๊ง
CM (avec la quatrième marque « may jad ta waa ») + voyelle longue = ton montant. Par exemple : ตั๋ว, เดี๋ยว, จ๋า
Schéma de ton pour une consonne de classe haute (CH)
CH (sans marque de ton) + voyelle longue = ton montant. Par exemple : ถาม, เขียว, หัว
CH (avec la première marque « may eek ») + voyelle longue = ton bas. Par exemple : ข่าว, สี่, เสื่อ
CH (avec la deuxième marque « may tho ») + voyelle longue = ton descendant. Par exemple : เสื้อ, ห้อง, ถ้วย
Schéma de ton pour ห + consonnes de classe basse non appariées (CB)
Les consonnes de classe basse non appariées sont ง ญ ณ น ม ย ร ล ว ฬ
(une consonne de classe basse dont le son initial n’est pas identique à celui des consonnes de classe haute)
ห + CB (sans marque de ton) + voyelle longue = ton montant. Par exemple : หนี, หมอ, หลาย
ห + CB (avec la première marque « may eek ») + voyelle longue = ton bas. Par exemple : หล่อ, หมื่น, ไหล่
ห + CB (avec la deuxième marque « may tho ») + voyelle longue = ton descendant. Par exemple : หน้า, เหล้า, ไหม้
Schéma de ton pour les syllabes mortes à voyelle longue
CM / CH + voyelle longue + syllabe morte = ton bas. Par exemple : กอด, สูบ, ขีด
CB + voyelle longue + syllabe morte = ton descendant. Par exemple : ชอบ, โชค, ภาพ
*Il n’existe pas de marque de ton pour les syllabes mortes à voyelle longue.
Schéma de ton pour les voyelles courtes
CM / CH + voyelle courte = ton bas. Par exemple : เตะ, แกะ, เสาะ
CB + voyelle courte = ton haut. Par exemple : นะ, แพะ, เลอะ
*Il n’existe pas de marque de ton pour les voyelles courtes.
Règles simplifiées des tons thaïs
Il existe 15 scénarios possibles pour les règles de ton, mais vous n’avez besoin d’en mémoriser qu’une poignée.
Les marques de ton haut et montant produisent toujours un ton haut ou montant, respectivement. Vous n’avez donc rien à retenir à leur sujet : dès que vous les voyez, vous connaissez le ton, sans exception.
Restent donc les marques de ton bas et descendant. Elles produisent toujours un ton bas ou descendant, respectivement, sauf lorsqu’elles apparaissent avec… une CONSONNE DE CLASSE BASSE.
Ce sont les deux premières règles de ton à mémoriser, même si en réalité il suffit de retenir les consonnes de classe basse.
[Ainsi, une classe basse avec une marque de ton bas produit un ton descendant (par exemple : ค่า, ที่), et une classe basse avec une marque de ton descendant produit un ton haut (par exemple : ค้า, แล้ว)]
Une fois les marques de ton vues, reste à savoir quoi faire en leur absence.
Syllabes vives et syllabes mortes
Les syllabes vives et les syllabes mortes sont faciles à distinguer.
Si une syllabe se termine brusquement, on parle de « syllabe morte ».
(son final k / d / b) (ก, ด, บ, ข, ค, ฆ, ฐ, ถ, ศ, ษ, ส, จ, ช, ซ, ฌ, ฎ, ฏ, ต, ป, ฑ, ฒ, ท, ธ, พ, ฟ, ภ)
Si une syllabe résonne plus longtemps, on parle de « syllabe vive » (น, ณ, ญ, ร, ล, ฬ, ม, ง, ว, ย)
Si vous partez du principe que toute syllabe morte sans marque de ton produit un ton bas (par exemple : กบ, จัด), il ne vous reste plus qu’à faire attention aux syllabes mortes à voyelle courte ou longue quand elles sont… vous l’aurez deviné : de CLASSE BASSE.
[Une syllabe morte de classe basse à voyelle courte donne un ton haut (par exemple : มด, รัก), et une syllabe de classe basse à voyelle longue donne un ton descendant (par exemple : มาก, แลก)]
En mémorisant uniquement les consonnes de CLASSE BASSE, vous avez déjà appris 12 des 15 scénarios de ton.
Il ne reste alors que les syllabes vives sans marque de ton. Si vous partez du principe que toute syllabe vive sans marque de ton produit un ton moyen (par exemple : รวย, ชาม), vous aurez raison la plupart du temps.
Les syllabes vives de classe haute produisent un ton montant
La seule règle à retenir est que les syllabes vives de classe haute produisent un ton montant. (par exemple : สวย, หอม)
Ainsi, en mémorisant seulement les consonnes de classe basse, et en retenant que leurs règles changent avec les marques de ton bas et de ton descendant, vous avez presque maîtrisé toutes les règles.
Il suffit ensuite de retenir qu’une syllabe vive de classe haute produit un ton montant, et vous avez terminé toutes les règles.
Notez que vous n’avez jamais besoin de mémoriser les consonnes de classe moyenne : vives, elles produisent un ton moyen (par exemple : กาว, จาน), mortes, un ton bas (par exemple : ปาก, เด็ก).
Il suffit de mémoriser la classe haute pour les cas sans marque de ton.
C’est vraiment la classe basse qu’il faut retenir : la marque de ton bas la fait devenir un ton descendant (par exemple : พี่, พ่อ), et la marque de ton descendant la fait devenir un ton haut (par exemple : ม้า, ซ้ำ).
Et bien sûr, sans marque de ton, les syllabes mortes à voyelle courte produisent des tons hauts (par exemple : วัด, คิด) et les syllabes mortes à voyelle longue, des tons descendants. (par exemple : วาด, รีบ) Cela fait au total… cinq règles à connaître !
Il ne s’agit donc que de mémoriser cinq choses et, à condition de savoir produire les bons tons avec les bonnes voyelles et consonnes, vous êtes en bonne voie pour maîtriser la lecture et la prononciation du thaï !
Cela dit, je vous encourage à lire (notamment les livres Manee avec la méthode audio) et à essayer d’assimiler ces « règles » en situation réelle. Utilisez ensuite ces cinq règles simples comme aide-mémoire et pour vérifier vos intuitions.
Améliorer votre ton thaï
L’anglais regorge de tons dont on n’a pas toujours conscience. Les entendre et les prononcer nous aide à vraiment les différencier et à les reproduire (avec toutes les réserves que cela suppose face au thaï).
On peut s’entraîner sur ces sons puis, une fois qu’on a compris comment notre appareil vocal les produit, on peut les essayer sur de vrais mots thaïs.
On les utilise simplement à des fins différentes. En thaï, les tons servent tout bonnement à distinguer les mots : changez de ton, vous changez de mot. En anglais, en revanche, les tons portent surtout une valeur émotionnelle.
Personne, pas même Stephen Hawking (qui parlait grâce à une voix de synthèse), ne parle anglais sans utiliser de tons. Ce serait une langue bien robotique et plate si c’était le cas.
Le ton moyen
C’est un ton et une hauteur de voix normaux en anglais parlé. Il n’y a pas grand-chose à en dire, sinon que c’est ainsi qu’on parle la plupart du temps.
On pourrait croire que c’est le ton le plus facile à reproduire en thaï pour un non-natif, puisqu’il correspond à la voix normale. Malheureusement, ce n’est pas le cas.
Sans même y penser, les anglophones natifs ont tendance à faire varier légèrement le ton en fin de mot.
La plupart des gens doivent s’entraîner à prononcer correctement un mot thaï au ton moyen avec une voyelle longue et une syllabe vive en finale, car en anglais on modifie automatiquement le son final.
Le ton bas
En anglais, ce ton s’utilise en général pour des réponses évasives d’un seul mot.
Votre femme vous demande de sortir les poubelles pendant que vous regardez un match de football. Vous répondez « sure » (« ouais »), mais sur un ton plus bas que d’habitude. Cela signifie que vous avez entendu sa demande, mais que vous n’allez pas bondir immédiatement pour sortir la poubelle.
Ce ton s’utilise beaucoup en anglais dans les réponses où l’on montre qu’on a compris ce qui a été dit, sans pour autant s’engager ni dans un sens ni dans l’autre.
En thaï, c’est un ton qu’on peut se permettre de négliger un peu : j’ai remarqué qu’il peut sonner presque comme un ton moyen dans le thaï parlé, sans perte de compréhension.
Le bruit que fait une horloge s’exprime en anglais par « tick-tock ». Le second mot de cette expression porte en général un ton bas.
On retrouve aussi le ton bas dans l’expression qui imite le bruit des sabots d’un cheval au pas, « clip-clop » ou « clippety-clop ».
A Summer Song, de Chad and Jeremy
Le dernier mot de chaque couplet de A Summer Song porte un ton bas :
As we walked by
Just you and I
In the starry sky
Et il y a un très beau ton descendant sur le dernier mot du pont de la chanson, dans « wish you didn’t have to go, no no no no ». Fait intéressant, le mot thaï pour « non », ไม่ /mâi/, porte lui aussi un ton descendant.
Le ton descendant
En anglais, ce ton exprime le regret ou la compassion face à ce que dit l’interlocuteur. Un ami vous annonce que son chien s’est fait renverser par une voiture, et vous répondez « Ohhh, is it okay? » (« Oh non, ça va ? »). Ce premier mot, « Ohhh », se prononce avec un ton descendant et transmet à lui seul toute votre compassion. En thaï, ce ton est essentiel à maîtriser. Entraînez-vous sur les mots à ton descendant utilisés dans les dialogues du quotidien.
À la question « comment voyagez-vous ? », vous pouvez répondre « I’m flying » (« je prends l’avion »), en insistant sur le moyen de transport. Le mot « flying » porte alors en général un ton descendant.
Allez sur Google Traduction, choisissez l’anglais dans la première case, saisissez « I’m flying » et cliquez sur l’icône de haut-parleur en bas de la case. Vous entendrez un ton descendant, en particulier sur la partie « fly » du mot.
Un très bon exemple de ton descendant est l’exclamation « hey! » utilisée pour attirer l’attention de quelqu’un.
Autrefois, il était très courant que les enfants thaïlandais lancent « hey you! » (deux tons descendants) à tout étranger qu’ils croisaient. C’était le seul anglais qu’ils connaissaient, et il y avait si peu d’étrangers que cela leur donnait au moins l’occasion de le pratiquer.
C’est d’ailleurs un des bons côtés d’avoir aujourd’hui bien plus d’étrangers en Thaïlande : on n’entend plus une rafale de « hey you! » à chaque fois qu’on sort de chez soi.
On entend le ton descendant sur le mot « hey! » dans la chanson Somebody Done Somebody Wrong de B.J. Thomas.
Écoutez comment il prononce « hey! » : il étire le mot, et en s’étirant, le « y » final tire le son vers le bas, créant le ton descendant.
C’est la même chose avec le mot « play ».
Le ton haut
Ce ton est un peu plus difficile à expliquer en anglais, mais on l’utilise bel et bien. La difficulté vient du fait qu’en thaï, le ton haut démarre déjà plus haut que votre voix normale, puis grimpe encore.
En anglais, il exprime la surprise, le choc, une légère indignation ou un certain scepticisme. Quelqu’un vous dit : « hey man your car just got backed into in the parking lot » (« ta voiture vient de se faire percuter sur le parking »). Vous répondez « what!? » (« quoi ? »). Le mot commence haut et grimpe encore plus sur la fin. D’après mon expérience, ce ton et le ton bas sont probablement les moins essentiels à maîtriser en thaï : ils peuvent être un peu brouillés à l’oral sans grande perte de compréhension.
Le mot onomatopéique anglais « hiccup » (hoquet), qui imite le son qu’il décrit, se prononce en général avec un ton haut sur la première syllabe et un ton bas sur la seconde.
Le ton montant
Ce ton s’utilise pour poser des questions en anglais. Il est particulièrement net sur les questions d’un seul mot, comme « what? » ou « right? ». C’est sans doute pour cela que la plupart des étrangers n’ont pas de mal à reproduire ce ton avec le mot interrogatif ไหม, qui est lui aussi (par pur hasard) un ton montant.
Vous devez absolument maîtriser ce ton quand vous parlez thaï avec des Thaïlandais, car ils se montrent très peu indulgents sur ce point. Là encore, je vous conseille de passer en revue les mots à ton montant utilisés dans les dialogues du quotidien et de travailler jusqu’à ce que le son soit juste. Prononcer un mot à ton montant avec un autre ton peut vous faire sortir du script bien plus vite que vous ne l’imaginez.
Si un ami a peur de l’avion mais annonce qu’il va prendre un vol quand même, vous pourriez lui demander, incrédule, « are you really flying? » (« tu prends vraiment l’avion ? »).
Retournez sur Google Traduction, choisissez de nouveau l’anglais dans la première case, saisissez « are you really flying? » en gardant bien le point d’interrogation, puis cliquez sur l’icône de haut-parleur. Le mot « flying » porte alors un ton montant, en particulier sur la partie « ing ».
De nombreux mots onomatopéiques anglais, c’est-à-dire des mots qui imitent le son qu’ils décrivent, conservent leur ton pour continuer à évoquer la chose ou l’action qu’ils désignent.
Comme vous pouvez le constater à travers ces quelques exemples, et je suis sûr que tout anglophone natif pourrait en trouver bien d’autres, nous reproduisons couramment les cinq tons thaïs sans même y penser.
Comment bien prononcer les tons ?
Notre conseil pour bien prononcer les tons : écoutez comment un locuteur natif dit un mot, puis répétez-le exactement de la même façon. C’est la différence entre les personnes qui ont l’oreille absolue et savent déchiffrer une partition à vue, et le reste d’entre nous. Certains savent chanter une chanson directement à partir de la partition.
Mais la plupart d’entre nous ont besoin d’entendre les notes jouées au piano avant de pouvoir les chanter correctement. La lecture est donc un excellent moyen de connaître le ton d’un mot, mais pas le meilleur moyen de le prononcer correctement. Écouter et répéter, voilà comment on y arrive. C’est exactement ainsi que tous les enfants thaïlandais apprennent à parler avec les bons tons, bien avant d’apprendre à lire.
Le piège des tons thaïs
Le grand piège pour nous, anglophones natifs qui apprenons le thaï, c’est de faire varier l’intonation des mots thaïs comme on le fait en anglais.
C’est rédhibitoire dès le premier mot, car on ne peut pas faire varier le ton d’un mot thaï tout en gardant le même mot. C’est d’ailleurs pour cette raison que les Thaïlandais utilisent des particules finales (il y en aurait plus de 50).
Ce sont de petits mots que les Thaïlandais ajoutent pour donner une valeur émotionnelle à ce qu’ils disent. Ils peuvent en changer le sens : hypothèse, interrogation, insistance, question, etc.
Améliorer son ton en fredonnant
Si vous avez du mal avec les tons, essayez ceci : écoutez ce que dit la personne thaïlandaise, puis essayez de le fredonner, sans les mots, juste en fredonnant. Les mots, avec leur sens, leurs consonnes et leurs voyelles, ne viendront pas vous perturber. Vous n’entendrez que la « musique » du thaï : ce sont les tons. Une fois la phrase fredonnée, essayez d’y ajouter les mots, sans oublier de garder la même musique qu’avant. Cette méthode fonctionne aussi bien pour apprendre le thaï que l’anglais ou n’importe quelle langue : chaque langue a sa propre musique.