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Il est essentiel de savoir utiliser les particules finales thaïlandaises. Les plus courantes et les plus connues sont ครับ /kráp/ (pour les hommes) et คะ /ká/ (pour les femmes). Elles servent de « marqueur de politesse » à la fin des phrases.
On les appelle aussi หางเสียง /hăang sĭang/ (littéralement « la queue du son »). Une personne qui parle sans elles (ไม่มีหางเสียง /mâi mee hăang sĭang/) donne une impression de brusquerie et n’est pas considérée comme très polie.
Certains se demandent combien de khrup et de kâa il faut employer, et à quelle fréquence. Tout dépend en réalité du contexte. Une bonne approche consiste à écouter comment votre interlocuteur les utilise, puis à répondre sur le même registre.
Un usage intéressant de ces particules concerne la façon dont certaines personnes (souvent des femmes) s’adressent aux jeunes enfants : elles emploient la particule correspondant au genre de l’enfant. Avec un petit garçon, on utilise ครับ /khrup/, et avec une petite fille, คะ /ká/. Le but est d’aider les enfants à apprendre ces particules en les entendant employées avec eux.
Les débutants en thaï pensent souvent que ces particules servent uniquement à clore une phrase de façon polie. Mais elles peuvent aussi porter du sens. Pour répondre affirmativement à une question, il suffit parfois d’employer l’une d’elles. Par exemple, si l’on vous pose une question comme :
คุณอยากกินข้าว ไหมคะ
kun yàak gin kâao măi ká
Voulez-vous manger ?
Vous pouvez simplement répondre ครับ/คะ /khrup/ká/. Dans ce cas, vous répondez « oui (je veux bien) ».
Mais selon le contexte, une même particule finale thaïlandaise peut porter des sens très différents. Voici une conversation téléphonique que j’ai surprise un jour dans un centre commercial (je n’entendais bien sûr qu’un seul côté de l’échange).
สวัสดีค่ะ, ค่ะ, ค่ะ, ค่ะ, ค่ะ, ค่ะ, ค่ะ, OK ค่ะ, สวัสดีค่ะ
Sà-wàt-dee ká, ká, ká, ká, ká, ká, ká, OK ká, Sawadee ká.
Une interprétation possible : bonjour, oui, d’accord, bien sûr, c’est ça, bien, évidemment, OK, au revoir.
Il est sans doute plus prudent de s’en tenir à ครับ /kráp/ et คะ /ká/. Mais à titre de référence, voici une courte liste (il en existe bien d’autres) de particules finales thaïlandaises courantes et de leur usage. En les employant correctement selon le contexte, votre thaï gagnera nettement en fluidité, et la maîtrise de la langue ne sera plus très loin.
Version familière et moins formelle de khrup/khâa, en fin de question : ฮะ /há/
Exemple : กินข้าวไหมฮะ
gin kâao măi há
Voulez-vous manger ?
Exprime l’intimité, s’emploie avec les enfants ou une personne de statut inférieur : จ๊ะ /já/
Exemple : กินข้าวไหมจ๊ะ
gin kâao măi já
Voulez-vous manger ?
Indique une question douce ; sert à demander l’accord ou la confirmation : นะ /ná/
Exemple : กินข้าวนะ
gin kâao ná
On mange, d’accord ?
S’utilise à l’impératif et pour ajouter de l’emphase : ซิ /sí/
Exemple : กินข้าวซิ
gin kâao sí
Mange donc quelque chose !
« Allons-y » : เถอะ /tùh/
Exemple : กินข้าวเถอะ
gin kâao tùh
Allez, on mange.
Un adoucisseur (rend la phrase plus polie) : ด้วย /dûay/
Exemple : ขอข้าวด้วย
kŏr kâao dûay
Puis-je avoir du riz, s’il vous plaît ?
Pour adoucir le sens d’une phrase : หน่อย /nòi/
Exemple : ขอข้าวหน่อย
kŏr kâao nòi
Puis-je avoir un peu de riz, s’il vous plaît ?
Après une phrase négative, pour l’adoucir : หรอก /ròk/
Exemple : ไม่อยากกินข้าวหรอก
mâi yàak gin kâao ròk
Je n’ai pas vraiment envie de manger.
Les trois particules suivantes sont considérées comme impolies, mais on les entend souvent entre amis. Un mot grossier entre proches devient bien souvent un signe de complicité. Leur usage reste toutefois subtil : mieux vaut les éviter tant que vous ne les maîtrisez pas vraiment.
Exprime le mépris, l’aversion, le dégoût, l’agacement ou la colère : วะ /wá/
Proche de วะ /wá/ : โว้ย /wói/
Désinvolte, impoli ou familier : ยะ /yá/
Vient ensuite le fameux ครับผม /kráp pŏm/. Cette particule (réservée aux hommes) est souvent surutilisée par les expatriés. Elle ne signifie pas exactement la même chose que ครับ /kráp/, puisqu’elle véhicule l’idée de « Monsieur » ou « oui, Monsieur » plutôt qu’un simple « oui ». Elle sert à marquer une politesse et une déférence marquées. Je suis partisan d’écouter d’abord et de reproduire ce que l’on entend, mais c’est justement ce qui explique le problème du ครับผม /kráp pŏm/ : on nous l’adresse souvent, ce qui ne signifie pas pour autant qu’il faille le renvoyer.
Je l’entends souvent de la bouche de mon jardinier, et lors d’un récent séjour à Bangkok, les chauffeurs de taxi l’employaient fréquemment. Il s’agit généralement d’hommes de statut inférieur s’adressant à des personnes de statut supérieur. Mais j’ai entendu des expatriés utiliser ครับผม /kráp pŏm/ avec de jeunes enfants, des marchands ou du personnel de maison : mieux vaudrait s’en tenir à un simple ครับ kráp. Il existe en théorie un équivalent féminin de ครับผม /kráp pŏm/ : ค่ะท่าน /kâ tâan/. Je ne l’ai personnellement jamais entendu employé.
Voici quelques exemples d’usage de ครับผม /kráp pŏm/ :
Le patron : อย่าขี้เกียจ ไปทำงาน
yàa kêe gìat bpai tam ngaan
Ne sois pas fainéant. Au travail.
L’employé : ครับผม
kráp pŏm
Oui, chef.
Et voici un autre exemple très fréquent :
Le général : ไปต่อสู้ศัตรู
pai dtòr sôo sàt-dtroo
Combattez l’ennemi.
Le soldat : ครับผม
kráp pŏm
Oui, mon général ! (en se mettant au garde-à-vous et en saluant).
Et si vous passez un jour dans le nord du pays, vous entendrez la très mélodieuse particule féminine จ้าว /jâow/, prononcée avec une voyelle allongée par les femmes de Chiang Mai. Certains hommes de Bangkok montent même à Chiang Mai rien que pour entendre les filles dire จ้าว /jâow/ : de quoi leur faire fondre les jambes.