Mon expérience pour décrocher un poste d’enseignant dans un centre de langues à Bangkok

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À mon arrivée à Bangkok, je ne savais rien de la façon de décrocher un poste d’enseignant. Je savais que je voulais enseigner l’anglais, mais je voulais aussi rester en dehors du système scolaire classique. Et je ne voulais surtout pas enseigner à des enfants.

Il me fallait donc trouver un endroit où adolescents et adultes apprenaient l’anglais. Je connaissais Wall Street English depuis mes précédents séjours en Thaïlande, mais je n’avais jamais imaginé le nombre d’autres centres de langues qui existaient, jusqu’à mon installation ici et mes passages réguliers dans les centres commerciaux de Bangkok.

Je ne sais pas si j’ai fait partie des chanceux, mais après avoir postulé dans un centre de langues du centre commercial Seacon Square, j’ai reçu un appel le soir même pour commencer dès le week-end suivant. Et c’est ainsi que je me suis retrouvé plongé dans le monde parfois chaotique, souvent désorganisé, mais toujours passionnant de l’enseignement de l’anglais dans les centres de langues en Thaïlande.

Vous vous demandez sans doute quelles étapes j’ai suivies pour décrocher ce poste, ce qui s’est passé ensuite, et pourquoi j’ai fini par arrêter d’enseigner. Voyons cela en détail.

Mon parcours

Je n’étais pas enseignant avant de m’installer à Bangkok. Je travaillais pour l’un des plus grands services publics des États-Unis, où j’ai passé quinze ans à gâcher ma vie dans une carrière sans âme.

Le salaire était confortable, mais j’avais besoin d’aventure. Je ne voulais pas, après avoir donné plus de trente ans à l’entreprise, regarder en arrière avec des regrets. J’ai donc décidé de m’installer en Thaïlande et de gagner ma vie en enseignant l’anglais.

J’étais déjà venu six fois en Thaïlande avant mon déménagement définitif des États-Unis vers la Thaïlande avec ma famille en 2014. Je savais donc à peu près à quoi m’attendre.

Pensant qu’un diplôme d’anglais était nécessaire pour enseigner en Thaïlande, j’ai repris mes études pour obtenir une licence d’anglais. Une fois diplômé, ma famille et moi avons déménagé en Thaïlande. Pendant les trois années qui ont suivi, j’ai enseigné l’anglais dans des centres de langues à Bangkok ainsi que dans certaines des plus grandes multinationales de Bangkok et de Chonburi.

Qualifications requises

Les qualifications demandées varient selon l’endroit où vous souhaitez enseigner en Thaïlande, mais voici les bases nécessaires pour enseigner l’anglais dans un centre de langues.

La licence

Pour décrocher un poste légal dans un centre de langues en Thaïlande, il vous faudra au minimum une licence, quelle que soit la discipline.

Bien que je sois moi-même titulaire d’une licence d’anglais, je connais de nombreux enseignants diplômés dans d’autres matières, comme le droit ou la comptabilité. D’ailleurs, un diplôme d’anglais ne prépare pas réellement à enseigner l’anglais comme langue étrangère. Ne le considérez donc pas comme indispensable.

Je me souviens avoir enseigné l’anglais dans une entreprise de logistique à Bangkok, où j’ai dû apprendre tout le jargon et les systèmes du secteur pour pouvoir en enseigner l’équivalent en anglais. Une personne venant elle-même du monde de la logistique aurait sans doute été plus à l’aise dans cette classe et mieux à même d’aider les élèves.

TEFL/CELTA

Au minimum, un certificat TEFL ou CELTA d’une école reconnue, en Thaïlande ou ailleurs, sera nécessaire. Pour enseigner l’anglais en Thaïlande, je recommande fortement de passer son TEFL directement dans le pays : cela permet d’apprendre des astuces spécifiques à l’enseignement de l’anglais aux Thaïlandais.

D’autres options existent pour passer un TEFL ou un CELTA en Thaïlande. Il suffit de choisir son école avec discernement.

Lors d’une candidature, le TEFL ou le CELTA fait partie des qualifications que le centre de langues examinera de près. Et un diplôme obtenu auprès d’une école à la réputation solide et établie en Thaïlande jouera clairement en votre faveur.

Pour en savoir plus :

L’expérience

Contrairement aux écoles internationales et aux universités en Thaïlande, un centre de langues n’exige pas toujours d’expérience préalable, même si cela reste un atout. C’est précisément ce qui en fait un bon moyen de « mettre un pied dans la porte » en Thaïlande.

tefl thailand

Enseigner dans un centre de langues permet de se faire les dents avant de se lancer dans d’autres types de postes.

Cela ne signifie pas pour autant qu’il ne faut pas prendre son travail au sérieux. Plus les cours sont réussis et vivants, plus les propositions de travail affluent. Et de toute façon, l’expérience s’acquiert avant tout en classe : c’est encore la meilleure façon d’apprendre.

Ce qui fonctionne le mieux, c’est l’honnêteté. J’ai toujours dit la vérité à mes élèves sur mon expérience, et cette sincérité semblait bien passer auprès d’eux. Mentir se remarque très vite : la plupart des Thaïlandais apprennent l’anglais depuis l’école primaire, et certains en connaissent la grammaire mieux que nous.

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Une fois sur place, on découvre aussi que certains centres de langues embauchent des enseignants sans diplôme ni TEFL ni CELTA. Cette voie n’est pas recommandée : sans diplôme, obtenir un visa et un permis de travail devient tout simplement impossible (j’y reviendrai plus loin).

Enseigner sans ces qualifications est par ailleurs illégal en Thaïlande. Se faire prendre expose à un bannissement du pays.

Le CV

Lors de la rédaction du CV, l’absence d’expérience d’enseignement n’est pas un problème en soi ; il ne faut simplement pas mentir si l’on n’a jamais enseigné auparavant. La demande d’enseignants d’anglais dans les centres de langues est forte : il suffit de jeter un œil sur Ajarn.com pour découvrir une longue liste de postes disponibles.

Si vous avez de l’expérience, mentionnez-la bien sûr. Sinon, concentrez-vous simplement sur vos points forts.

sample teaching resume CV

Photo d’identité
La photo est l’un des éléments les plus importants du CV. En Thaïlande, l’apparence compte énormément : il ne suffit pas de connaître son sujet, il faut aussi en avoir l’air. Dans un centre de langues, les salles de classe ont souvent des parois vitrées, et les parents adorent observer leurs enfants apprendre auprès d’un professeur natif à l’allure soignée. La photo doit aider les directeurs pédagogiques à visualiser votre présence chaleureuse devant une classe.

Formation
Pour enseigner légalement l’anglais en Thaïlande, une licence au minimum est requise, quelle que soit la discipline, du moment qu’elle a été délivrée par une université ou un établissement accrédité. En l’absence de diplôme, mieux vaut ne pas mentir sur son CV : une lettre officielle de l’université pourra être demandée, et l’impossibilité de la fournir se remarquera rapidement.

Il existe une zone grise autour du travail dans les centres de langues en Thaïlande. Elle mérite d’être abordée ici, non pas pour l’encourager, mais pour présenter la réalité de l’enseignement de l’anglais dans le pays.

J’ai travaillé avec des enseignants sans diplôme. Certains professeurs partent si rapidement que les centres de langues se retrouvent contraints d’embaucher la première personne disponible, parfois sans aucune qualification ni diplôme.

Mais gardez à l’esprit que, même si cela arrive, la pratique reste illégale. Travailler en Thaïlande sans visa ni permis de travail en règle expose à un bannissement du pays, voire pire.

Expérience
Là encore, l’absence d’expérience d’enseignement ne doit pas être un motif de mensonge. Les centres de langues savent bien que tout enseignant a dû débuter un jour. Une présentation sérieuse suffit généralement à obtenir une chance.

Si un poste précédent impliquait du mentorat, de la formation ou de l’encadrement, n’hésitez pas à le mentionner sur votre CV : ces compétences ont une réelle valeur en classe. En Thaïlande, un enseignant est avant tout un communicant, et professeur d’anglais ensuite.

Compétences personnelles
En bas du CV, mentionnez toutes les compétences applicables à la salle de classe. Une bonne maîtrise de PowerPoint ? À indiquer. Un talent pour faire rire un groupe ? À préciser. Ponctuel ? Passionné ? Autodidacte ? Ces qualités ont aussi leur place. (Ce sont d’ailleurs toutes des compétences précieuses pour un enseignant d’anglais.)

Visas et permis de travail

Une fois un poste décroché en Thaïlande, le centre de langues doit normalement aider à obtenir le visa et le permis de travail appropriés.

Certains centres de langues, cependant, n’apportent aucune aide pour le visa et le permis de travail. Travailler avec eux n’est pas recommandé, cette pratique étant considérée comme illégale.

Avant même de trouver un poste, il faut entrer en Thaïlande avec un visa laissant suffisamment de temps pour chercher un emploi. La solution la plus simple consiste à venir en Thaïlande avec un visa touristique à entrées multiples, qui offre jusqu’à 270 jours sur le territoire : largement de quoi trouver un poste et régler visa et permis de travail.

Trouver un poste d’enseignant

Trouver un poste dans un centre de langues en Thaïlande reste plutôt simple : il suffit de savoir où chercher, entre sites d’emploi spécialisés et centres commerciaux. Sur des sites comme Ajarn.com, des centaines d’offres sont publiées. Dans les centres commerciaux, les centres de langues sont souvent regroupés dans une même zone, voire sur un même étage.

Il est donc possible, en une seule journée, de postuler à d’innombrables offres en ligne ou de déposer son CV dans une demi-douzaine de centres de langues lors d’une seule visite au centre commercial.

Mais à titre personnel, je recommande de se présenter directement dans les centres de langues.

Une présentation en personne permet au personnel de vous voir et d’échanger avec vous, tout en donnant la possibilité d’observer le centre de langues avant de s’engager dans un entretien ou un poste.

Et surtout, ne déposez jamais votre CV avec une allure débraillée, comme si vous sortiez tout droit de la plage. Cela ne signifie pas pour autant qu’un costume trois pièces soit nécessaire : un pantalon habillé et une chemise suffisent. Pour les femmes, la même tenue convient, ou éventuellement une robe longue.

Le déroulement de l’entretien

Une fois le CV déposé et l’intérêt du centre de langues confirmé, il faut se préparer à l’entretien. Les entretiens dans les centres de langues restent généralement très décontractés : mon parcours d’enseignant m’a rarement été demandé en détail.

En réalité, la plupart du temps, l’entretien ressemblait davantage à une prise de contact informelle. Les questions posées ressemblaient à celles-ci :

  • Pourquoi êtes-vous venu en Thaïlande ?
  • Quelles sont trois choses que vous n’aimez pas dans la vie en Thaïlande ?
  • Qu’aimez-vous faire en Thaïlande ?
  • Combien de temps comptez-vous rester en Thaïlande ?

La dernière question est sans doute la plus importante. Les centres de langues perdent des enseignants tous les mois : certains travaillent quelques semaines avant de partir dépenser leurs gains sur une île. Les directeurs pédagogiques cherchent donc avant tout à s’assurer d’une présence régulière.

Les centres de langues

Voici trois centres de langues anglaise parmi les dizaines qui existent en Thaïlande. Ils figurent ici parce qu’ils semblent avoir une longueur d’avance dans la façon dont ils gèrent et traitent leurs enseignants.

Pour une liste plus complète des centres de langues en Thaïlande, consultez cette ressource proposée par ESLBase.com.

Les horaires de travail

Enseigner dans un centre de langues permet de garder un emploi du temps flexible. Le nombre de cours pris en charge reste libre, et rares sont les journées de plus de six heures d’enseignement.

Au départ, je travaillais uniquement les samedis et dimanches, en reprenant les cours dont aucun autre enseignant ne voulait. Une fois mes compétences prouvées, j’ai commencé à obtenir du travail en semaine et en soirée, principalement auprès d’entreprises de Bangkok et de Chonburi.

Mon emploi du temps ressemblait à ceci : les lundis et mercredis, deux heures de cours en entreprise dans la journée, puis deux heures supplémentaires en soirée ailleurs. Les mardis et jeudis, le même schéma se répétait avec deux autres entreprises, deux heures en journée et deux heures en soirée.

Plus j’accumulais d’expérience, plus les propositions de cours affluaient. Au final, je donnais un cours le matin, un l’après-midi et un le soir : mes semaines étaient si chargées que j’ai pu arrêter de travailler le week-end.

Les contrats d’enseignement

Les durées de contrat suivantes s’appliquent aussi bien aux centres de langues qu’aux entreprises, mais les exemples ci-dessous se basent sur des contrats en entreprise.

Si chaque entreprise met fin au programme après trente heures ou demande un changement d’enseignant, c’est le signe qu’il est temps de revoir sa méthode.

Les contrats de 30 heures

Un contrat de 30 heures dure trois mois avec un rythme standard de deux jours par semaine, jours fériés et cours annulés compris. La plupart des entreprises qui signent un contrat avec un centre de langues optent d’abord pour cette formule, le temps de s’assurer que le programme et l’enseignant leur conviennent.

Dans les centres de langues, un contrat de 30 heures est la norme pour les élèves qui suivent leur premier programme d’anglais en dehors du cadre scolaire classique.

Les contrats de 60 heures

Un contrat de 60 heures dure six mois à raison de deux cours par semaine, jours fériés et cours annulés compris. Si le contrat de 30 heures s’est bien déroulé, l’entreprise prolonge généralement de trente heures supplémentaires, budget permettant.

Les contrats de 90 heures

Un contrat de 90 heures dure neuf mois, jours fériés et cours annulés compris. Ces contrats sont généralement signés par des entreprises entretenant une relation de longue date avec le centre de langues : elles savent à quoi s’attendre du programme, qui l’enseignera, et quels résultats en découleront.

Les contrats de 120 heures

Les contrats de 120 heures sont généralement signés par des agences gouvernementales ou des multinationales disposant de gros budgets. Un tel contrat implique d’enseigner dans la même entreprise deux jours par semaine pendant au moins un an, ce qui peut se révéler aussi bien positif que contraignant.

D’un côté, le travail est garanti sur toute une année. De l’autre, l’enseignant reste au même endroit pendant douze mois. Même à raison de deux jours par semaine, la lassitude finit par s’installer, aussi bien chez l’enseignant que chez les élèves, lassés à leur tour des mêmes jeux et des mêmes astuces pédagogiques.

C’est pour cette raison que je privilégiais les contrats de 90 heures lorsque j’enseignais en entreprise : une durée suffisante pour apprendre à connaître toute la classe et créer des liens durables, tout en profitant d’une pause avant la reprise du contrat l’année suivante.

Le travail à temps partiel

Il arrive que le travail proposé soit à temps partiel : vingt heures par semaine en tant que responsable anglais au sein d’une entreprise, avec pour mission l’enseignement, la relecture et la correction de documents professionnels, ainsi que toute autre tâche liée à l’anglais.

Le travail à temps plein

Un poste d’enseignant d’anglais à temps plein en entreprise implique les mêmes responsabilités que celles décrites ci-dessus, mais avec un volume horaire doublé : 40 heures par semaine en tant que responsable anglais de l’entreprise.

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Les présentations

Les centres de langues demandent parfois à leurs enseignants de les accompagner en entreprise pour des présentations ou des cours de démonstration. Lorsque je travaillais pour un centre de langues à Pinklao, la responsable m’emmenait dans des entreprises partout à Bangkok et Chonburi pour incarner le professeur d’anglais à l’allure « sérieuse ».

Ces journées restaient malgré tout agréables : elles permettaient de découvrir une facette de la Thaïlande autrement inaccessible, et de profiter d’un déjeuner offert, souvent dans un restaurant au bord de l’eau.

Les camps d’anglais

Parmi les autres formes de travail proposées par les centres de langues figurent les camps d’anglais. Il s’agit généralement de formations intensives sur deux jours, organisées par exemple dans des hôpitaux, où des compétences de conversation de base en anglais sont nécessaires.

Mais les camps d’anglais peuvent aussi être très ludiques. Certains se déroulent à Hua Hin ou à Khao Yai, avec un enseignement basé sur la musique, les jeux et la bonne humeur, en tenue décontractée : short et t-shirt de mise.

Les élèves

De façon générale, deux profils d’élèves se retrouvent dans les centres de langues : les enfants et adolescents qui souhaitent (ou sont poussés par leurs parents à) suivre des cours d’anglais supplémentaires, et les adultes qui souhaitent (ou sont contraints d’) apprendre l’anglais.

Enfants et adolescents

Dans les centres de langues, j’ai enseigné à deux types de jeunes élèves. Le premier groupe suivait les cours d’anglais sous la contrainte de ses parents. Ces élèves étaient difficiles à motiver, souvent absorbés par leur smartphone en classe, un appareil probablement offert par les parents en guise de compensation pour venir au cours.

Le second groupe rassemblait des élèves motivés, présents chaque week-end pour une raison ou une autre qui leur était propre. Ces élèves étaient toujours un plaisir à enseigner, tant leur participation aux activités de classe était enthousiaste.

Les adultes

Dans les centres de langues, la plupart des adultes qui se présentent en classe sont motivés : ils ont payé le cours et veulent en tirer le meilleur parti. Une petite proportion reste néanmoins peu motivée, souvent parce que l’entreprise qui les emploie les a inscrits de force.

En entreprise, les élèves adultes se répartissent presque à parts égales entre motivés et non motivés. Ces derniers participent parfois aux activités, mais leur envie d’être ailleurs se remarque facilement.

Les adultes suivent généralement des cours d’anglais pour l’une des raisons suivantes :

  • leur emploi l’exige
  • ils souhaitent parler anglais avec leurs enfants, qui l’étudient également
  • ils souhaitent voyager à l’étranger
  • ils souhaitent améliorer leurs perspectives professionnelles en augmentant leur score au TOEIC

Les responsabilités

On pourrait croire qu’enseigner l’anglais constitue la seule responsabilité d’un professeur. Mais selon le centre de langues ou l’entreprise concernée, la liste des tâches s’avère souvent bien plus longue.

L’enseignement

Enseigner l’anglais reste évidemment la tâche principale, mais les matières abordées varient selon les besoins des élèves ou de l’entreprise. Après trois ans d’expérience, voici les cours d’anglais les plus demandés :

  • anglais conversationnel
  • rédaction d’e-mails
  • rédaction technique
  • anglais des affaires

Anglais conversationnel
C’est l’un des cours les plus courants. Il porte sur l’anglais du quotidien : commander au restaurant, faire une réservation, discuter avec des amis, voyager, etc. L’accent est mis sur l’oral, avec quelques éléments d’écriture et de lecture en complément.

Ces cours sont particulièrement ludiques, et selon l’âge des élèves, les sujets abordés peuvent devenir vraiment amusants.

Rédaction d’e-mails
Le principe se passe d’explication : apprendre aux élèves à rédiger des e-mails en anglais. La plupart des manuels poussent les élèves à remplacer un mot simple par un mot plus complexe, comme assist à la place de help, ou require à la place de need.

C’est pourquoi j’utilisais ces manuels davantage comme un point de départ que comme une règle stricte. La langue thaïe étant majoritairement monosyllabique, plus le mot anglais est court, mieux c’est, surtout pour les débutants. J’expliquais bien le sens des mots plus longs, mais je conseillais toujours à mes élèves d’utiliser ceux avec lesquels ils étaient le plus à l’aise.

Rédaction technique
La rédaction technique se concentre sur des métiers très spécifiques : apprendre à des ingénieurs à rédiger un rapport en anglais sur une machine défectueuse, expliquer des problèmes électriques, ou encore détailler un processus logistique. Venant moi-même d’un milieu plutôt technique, ces cours comptaient parmi mes préférés.

Anglais des affaires
L’anglais des affaires ressemble à la rédaction technique en ce qu’il se concentre sur un domaine précis lié au secteur d’activité des élèves, mais avec un accent supplémentaire sur l’oral et la lecture. Ces cours impliquent souvent de travailler avec les ressources humaines de grandes multinationales, en leur apprenant à rédiger des rapports ou à s’exprimer au téléphone.

Les évaluations

Après chaque cycle d’enseignement vient l’évaluation des élèves. À vrai dire, ces tests relèvent presque de la mise en scène. Voici pourquoi.

Le plus souvent, le centre de langues qui vous a placé en entreprise souhaite avant tout que l’entreprise renouvelle son contrat. Faire échouer la moitié de la classe donnerait une mauvaise image du centre, même si les élèves en échec n’avaient tout simplement montré aucun intérêt ni aucune participation.

Le centre de langues suggère donc, sans le dire directement, de ne pénaliser personne. Et si un enseignant s’y risque malgré tout, certains centres modifient eux-mêmes la note pour donner l’impression d’une progression.

Un exemple marquant : lors d’un cours dans une entreprise de transport maritime, les élèves m’ont confié avant le premier test que leur patron leur ferait payer la formation de leur poche en cas d’échec (l’idée du cours venait d’eux, et sa valeur devait être justifiée par la réussite).

Ces élèves comptaient parmi les meilleurs que j’aie jamais eus : tous adoraient venir en classe. Mais quelques-uns ont malgré tout échoué au test malgré leurs efforts. Impossible, en toute bonne conscience, de leur donner une note éliminatoire : j’ai tenu compte de leurs efforts et les ai fait réussir pour leur éviter de payer la formation.

La rédaction de rapports

À l’issue de chaque contrat de 30 heures, un court rapport doit être rédigé pour chaque élève, incluant généralement leur note, leurs points forts et leurs points faibles. Même si cet exercice ne revient que tous les quelques mois, quelques bases en rédaction de rapports ne sont pas superflues.

Divertir la classe

Il faut voir les choses ainsi : personne n’a envie de finir sa journée plus tard, ou de la commencer plus tôt, juste pour s’asseoir dans un cours d’anglais ennuyeux pendant deux heures. Je me voyais un peu comme celui qui vient rompre la monotonie du monde de l’entreprise : au-delà de l’anglais, j’offrais à mes élèves deux heures de détente au milieu de leur routine professionnelle.

Même avec des adultes, garder une ambiance légère et amusante reste essentiel. Les Thaïlandais aiment s’amuser, ce qu’on appelle le sanook. J’apportais de la musique en classe, des jeux, et je me risquais à des choses que je n’aurais jamais faites au quotidien. Mais au final, j’ai partagé de belles tranches de rire et créé des liens avec mes élèves que je n’aurais jamais eus en restant un enseignant distant et sérieux.

Le salaire

Au départ, je touchais 350 baht de l’heure en centre de langues et 600 baht de l’heure en entreprise. J’ai pu négocier une augmentation après quelques mois : mon tarif est passé à 450 baht de l’heure en centre de langues et 800 baht de l’heure en entreprise. Pour les présentations effectuées pour le compte des centres de langues, je touchais 600 baht de l’heure.

Voyons de plus près combien rapporte un contrat, et pourquoi il est important d’en cumuler plusieurs.

Sur trois mois, un contrat de 30 heures dans un centre de langues rapporte environ 10 500 à 13 500 baht, contre 18 000 à 24 000 baht pour le même contrat en entreprise. Ramené au mois, ce n’est pas une somme énorme.

Impossible de vivre du salaire d’un seul contrat : il faut donc en cumuler plusieurs pour travailler tous les jours de la semaine. Les lundis et mercredis dans une entreprise, les mardis et jeudis dans une autre, par exemple.

En cumulant un cours le matin, un l’après-midi et un le soir, quatre jours par semaine, cela représente entre 31 500 et 40 500 baht par mois en centre de langues, et entre 54 000 et 72 000 baht en entreprise.

En ajoutant quelques cours particuliers, facturables sans difficulté à 500 baht de l’heure, la somme totale devient vite confortable. Mais attention : les cours particuliers sont considérés comme illégaux.

Quant à savoir si cela finit par se savoir, c’est une autre histoire.

Les conditions de travail

J’ai travaillé pour des entreprises bien connues en Thaïlande, comme Office Mate, ainsi que pour des sociétés plus discrètes, comme l’entreprise japonaise de soudure Kobe. Et tout ce qu’il y a entre les deux.

Autant dire que j’ai vu l’intérieur de nombreuses entreprises thaïlandaises, et que j’ai appris à savoir à quoi m’attendre, ou non, en enseignant l’anglais dans ce genre de contexte.

Parfois, seuls un tableau blanc et des marqueurs étaient à disposition. D’autres fois, un projecteur, un micro et une sonorisation étaient fournis (bien que je n’en aie jamais eu besoin, ma voix portant naturellement).

Dans les centres de langues, de nombreux supports pédagogiques sont mis à disposition : téléviseurs, salles équipées, jeux, et bien plus encore, sans besoin d’apporter son propre matériel. Mais pour les cours en entreprise, voici quelques éléments utiles à glisser dans son sac.

Une enceinte
Investir dans une enceinte de qualité en vaut la peine : c’est l’un des outils les plus utilisés en classe, que ce soit pour diffuser des vidéos, des chansons, des extraits de films ou des sons courts. Une bonne enceinte devient vite indispensable.

Des marqueurs
Toutes les entreprises n’en fournissent pas, et avoir les siens donne une image plus professionnelle. Gardez un assortiment de couleurs sur vous, mais évitez à tout prix d’écrire un nom au tableau en marqueur rouge : cette couleur est traditionnellement réservée aux défunts.

Des adaptateurs
Si l’entreprise dispose d’un projecteur, il faudra un moyen de le connecter à un smartphone, une tablette ou un ordinateur portable. Gardez toujours plusieurs câbles et adaptateurs à portée de main.

Un ordinateur portable
Un ordinateur portable reste un allié précieux. J’ai toujours aimé intégrer la technologie en classe : vidéos, extraits de films, tout y passait. Même si enseigner sans ordinateur restait possible, j’ai toujours préféré en avoir un : la plupart de mes leçons, présentations, vidéos et musiques s’y trouvaient.

Les défis

Beaucoup se font une idée romantique de l’enseignement en Thaïlande, imaginant une sorte de récompense automatique pour leur quête personnelle. Mais il faut garder à l’esprit ceci : enseigner l’anglais en Thaïlande reste un emploi. Vous êtes engagé pour faire un travail, et si vous ne pouvez pas le faire, quelqu’un d’autre le fera à votre place.

Voici quelques-uns des défis à anticiper en tant qu’enseignant d’anglais dans les centres de langues et les entreprises en Thaïlande.

Trouver un emploi régulier

Au début, un centre de langues ne propose souvent que quatre heures de cours par semaine, bien loin d’un salaire suffisant pour vivre. Mais plus le temps passe, plus votre visage devient familier et vos compétences pédagogiques s’affinent, plus les propositions de travail se multiplient.

Atteindre ce stade prend cependant du temps, au moins un an. Avant d’arrêter de prendre de nouveaux contrats, je travaillais six heures par jour (trois contrats quotidiens), quatre jours par semaine, avec deux cours supplémentaires le week-end. Mon emploi du temps était saturé, et les signes d’épuisement se faisaient sentir.

Le manque de motivation des élèves

Enseigner l’anglais en Thaïlande réserve son lot de contradictions. D’un côté, les élèves adultes se montrent souvent très ouverts à l’idée d’apprendre l’anglais tard dans leur vie. Je pensais parfois à mes anciens collègues aux États-Unis, et à leur réaction si on les avait obligés à s’asseoir dans un bureau pour apprendre le thaï : sans doute une résistance farouche.

De l’autre côté, certains adultes n’ont aucune envie d’être en classe. Pour eux, c’est simplement une façon d’échapper au travail quatre heures par semaine, sans réelle volonté de progresser.

Un manque de reconnaissance de la part des centres de langues

Certains centres de langues ne reconnaissent pas toujours la valeur qu’un enseignant apporte en classe. Il peut arriver de passer des heures à préparer le cours parfait en début de carrière, d’acheter ses propres livres, ou d’accorder du temps supplémentaire aux élèves avant ou après le cours.

Mais les centres de langues ne voient pas toujours cet investissement en action, et ne mesurent pas toujours l’engagement réel derrière chaque cours. Résultat : même un bon enseignant peut se voir écarté des meilleures opportunités, au profit de professeurs plus proches de l’équipe en place.

Le temps de trajet

Heureusement, j’avais une voiture pendant cette période, ce qui facilitait grandement les trajets entre le point A du matin, le point B de l’après-midi et le point C du soir. (Avoir une voiture explique d’ailleurs sans doute en partie pourquoi j’obtenais autant de propositions de travail.)

Mais certaines entreprises se trouvaient à une heure, voire une heure et demie, les unes des autres. Beaucoup de temps passé sur la route, ce qui avait au moins l’avantage de me permettre de rattraper mes podcasts. L’usure sur la voiture, comme sur mon dos (je suis grand, et rester assis longtemps ne m’a jamais réussi), finissait cependant par se faire sentir.

Ressources utiles

Les centres de langues fournissent généralement du matériel pédagogique, mais souvent assez générique. Mieux vaut utiliser ces manuels comme base, en y ajoutant ses propres leçons plus vivantes. Voici quelques-unes de mes ressources préférées pour l’enseignement de l’anglais langue étrangère.

  • Film English : permet d’intégrer des films en classe grâce à des leçons prêtes à l’emploi.
  • Breaking News English : couvre un large éventail de sujets, avec plans de cours, audio et jeux.
  • Dave’s ESL Cafe : propose des leçons prêtes à l’emploi, des mises en train et de nombreuses activités de classe.

Le mot de la fin

C’est à cause des défis évoqués plus haut que je me suis progressivement éloigné de l’enseignement de l’anglais dans les centres de langues et les entreprises en Thaïlande. Malgré une expérience enrichissante, de belles amitiés durables et une réelle évolution personnelle, l’épuisement en classe a fini par s’installer.

Face au temps investi dans mes cours, l’impression de ne plus recevoir autant en retour s’est installée, ce qui m’a poussé à chercher un autre type de travail.

Mais lorsqu’on me demande si je recommande de faire comme moi, c’est-à-dire quitter une carrière confortable pour venir enseigner l’anglais en Thaïlande, ma réponse est sans hésitation : oui. Enseigner l’anglais en Thaïlande m’a offert une perspective plus large sur le monde, ainsi que des expériences que je n’aurais jamais vécues enfermé toute la journée dans un bureau.

J’ai beau avoir dit plus tôt qu’enseigner l’anglais reste avant tout un travail, on y apprend réellement quelque chose sur soi-même et sur les autres, tout au long du chemin.

J’avais pour habitude de laisser un message à mes élèves à la fin de chaque cours. Une fois les résultats finaux communiqués, juste avant de se dire au revoir, je leur disais ceci :

« L’anglais n’est ni la langue la plus facile ni la meilleure au monde. Mais c’est la langue des affaires, donc son apprentissage compte. Pour moi cependant, enseigner l’anglais reste secondaire. Ce qui compte vraiment, ce sont les rires partagés et les frontières culturelles franchies ensemble. »

Alors si l’envie est là de franchir ses propres frontières culturelles et de partager des rires avec des personnes qui, en fin de compte, ne sont pas si différentes de vous, il est temps de partir en Thaïlande et de se lancer dans l’enseignement de l’anglais.

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