Quelle est la plus grande idée reçue chez les apprenants du thaï ?
Sur les 50 réponses reçues, 22 portaient sur les tons et la prononciation. Les avis sont partagés : certains affirment que les tons ne sont pas impossibles à maîtriser, tandis que d’autres oscillent entre « c’est important » et « ce n’est pas aussi grave qu’on le craint ». Et 14 personnes ont cité l’idée reçue selon laquelle le thaï est une langue difficile à apprendre.
Et voici maintenant la suite de l’entretien…
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Aaron Handel
Aaron : Les gens ont tendance à s’accrocher à ce qui leur est familier. Ils se sentent plus à l’aise avec les sons de leur langue maternelle. Les caractéristiques tonales du thaï sont perçues comme lourdes, insignifiantes et étrangères. Certains vont jusqu’à se convaincre que les tons ne sont pas nécessaires. C’est une grave idée reçue.
J’ai rencontré de nombreux étrangers qui communiquent plutôt bien avec leur petite amie thaïlandaise, mais que personne d’autre ne comprend. En général, ce « thaï »-là est parlé sur un ton monocorde, ou avec une intonation qui reflète les émotions du locuteur anglophone. Ce n’est pas du thaï.
J’ai un jour rencontré un Chinois qui parlait « thaï » à la vitesse de l’éclair. Il l’avait appris en 6 mois, auprès de professeurs chinois. Il n’y avait qu’un problème : j’avais beau essayer, je ne parvenais tout simplement pas à le comprendre. Ses tons, influencés par le chinois, n’avaient aucun sens pour moi. Certains dialectes chinois comptent jusqu’à 13 tons différents. J’avais l’impression qu’il en utilisait au moins 13, voire plus ! Ça me donnait le vertige. Je le plaignais un peu : il lui faudra beaucoup de temps pour désapprendre ce qu’il a appris de travers.
Parler thaï, ce n’est pas seulement utiliser des tons, mais utiliser le bon ton pour chaque syllabe. Heureusement, le thaï ne compte que cinq tons. Le ton d’un mot fait partie intégrante de son sens. Prenons un exemple : au restaurant, pour commander un poulet rôti, il faut demander gài yâhng (littéralement, poulet rôti). Yâhng est le verbe « rôtir », prononcé avec un ton descendant. Mais si vous prononcez yahng avec un ton moyen, vous demanderez… un poulet en caoutchouc !
En général, les Thaïlandais rient de bon cœur quand un étranger se trompe de ton, mais parfois, le mauvais ton prête à confusion. La distinction tonale entre « près » (glâi, ton descendant) et « loin » (glai, ton moyen) a fait errer plus d’un étranger sans but.
Aaron Le Boutillier
Aaron : Que les tons ne sont pas importants. J’ai entendu dire qu’il ne fallait pas trop s’en inquiéter, le contexte de la phrase suffirait. Je n’en ai jamais vu la preuve. Le meilleur conseil qu’on m’ait donné, et qui m’a vraiment aidé sur mon parcours, c’est de « trouver sa voix thaïlandaise ».
Adam Bradshaw
Adam : Que la barrière de la langue ne se brisera jamais, haha. La patience est une vertu, surtout quand il s’agit d’apprendre le thaï !
Andrew Biggs
Andrew : Qu’on peut y arriver sans apprendre à le lire et à l’écrire.
Chris Pirazzi
Chris Pirazzi : Que n’importe quel système de translittération leur montre comment produire les sons du thaï.
Colin Cotterill
Colin : L’une d’elles, c’est sûrement de croire qu’on peut s’en sortir sans les tons. J’ai rencontré beaucoup d’étrangers qui débitent leur thaï sur un ton monocorde et qui sont perplexes quand personne ne les comprend. C’est particulièrement fréquent chez les expatriés de longue date. Ça passe avec un partenaire dont l’oreille est habituée au « parler farang », mais impossible ensuite de se faire comprendre par la serveuse ou le pompiste. Le thaï est une langue à tons : apprendre les tons, c’est la moitié du travail. Et apprendre le ton et le vocabulaire en même temps reste la méthode la plus sensée. Soit vous apprenez à lire avant d’acquérir du vocabulaire, soit vous prenez la voie Cotterill et apprenez le vocabulaire par groupes de tons. Toujours avec des moyens mnémotechniques : un groupe de mots qui vit au sommet d’une montagne pour le ton haut, un autre qui tombe d’un avion pour le ton descendant, etc.
Daniel B Fraser
Daniel : Je pense que c’est de croire qu’il faut parler parfaitement avant d’être accepté comme locuteur thaï. Mais le thaï compte tellement de styles et d’accents qu’il ne faut pas se laisser intimider par les sons et les tons. Il suffit de se lancer et de faire des efforts.
David Long
David : Que l’apprentissage d’une langue est difficile. Je pense que ce qui le rend difficile, c’est surtout la façon dont on s’y prend ! Si un enfant de 2 ans y arrive, alors moi aussi, et ça n’a pas besoin d’être compliqué !
David Smyth
David Smyth : Une idée reçue veut que si l’on se trompe de ton, les Thaïlandais ne comprennent pas. Une autre, que si l’on n’arrive pas d’emblée à « entendre » ou à distinguer les tons, autant ne pas perdre de temps à apprendre la langue. Certains apprenants entendent et reproduisent les tons avec précision presque dès le départ, d’autres mettent plus de temps… mais y arrivent quand même.
Autre idée reçue : il suffirait de parler, sans avoir besoin d’écrire. Dès 1906, Basil Osborn Cartwright mettait en garde « ceux qui s’imaginent pouvoir ‘attraper’ quelques bribes de la langue en quelques semaines en apprenant des mots comme des perroquets à partir de versions romanisées invariablement trompeuses », une démarche qui est « une pure perte de temps, d’argent et, souvent, de patience ».
Don Sena
Don : C’est sans doute la plus grande idée reçue concernant n’importe quelle langue étrangère : ignorer le phénomène de la polysémie, cet éventail de sens apparentés associés à presque chaque mot de vocabulaire, dans toutes les langues. À cause de la polysémie, il n’existe jamais de correspondance parfaite entre les sens d’un mot dans une langue et ceux d’un mot dans une autre.
Doug
Doug : Que l’orthographe thaïlandaise doit être apprise immédiatement (pour ceux qui suivent un programme formel), et/ou que les méthodes informelles fonctionnent sur le long terme (pour ceux qui étudient de façon informelle).
Gareth Marshall
Gareth : Que la prononciation n’est pas importante.
Glenn Slayden
Glenn : Une réponse courante à cette question est de dire qu’il « ne faut pas se stresser avec les tons ». Ils sont peut-être intimidants, et si c’est un prétexte pour ne pas apprendre la langue, on peut en minimiser l’importance au début. Mais d’après mon expérience, moi qui les maîtrise mal, ils sont réellement importants. Et les règles tonales (déterminer le ton parlé à partir de l’orthographe) sont difficiles. J’en ai discuté la semaine dernière avec mon partenaire d’échange linguistique, une Thaïlandaise qui prépare le TOEFL ici à Seattle. C’était frustrant, car elle ne voyait pas de quoi je parlais : les locuteurs natifs ont appris le système tonal si naturellement, enfants, qu’ils n’ont souvent même pas conscience qu’il existe des règles que les apprenants adultes doivent maîtriser. Certains Thaïlandais avec qui vous discuterez en Thaïlande sauront imaginer les différentes possibilités derrière vos tons incorrects, en rire, mais vous comprendre quand même ; d’autres, eux, semblent entendre une différence aussi nette qu’entre « chat » et « chien », et restent complètement perplexes face à ce que vous dites.
Grace Robinson
Grace : Penser que ce sera particulièrement difficile.
Hamish Chalmers
Hamish : Que les Occidentaux ne peuvent ni entendre ni reproduire les tons.
Hardie Karges
Hardie : Que les tons sont un obstacle énorme à l’apprentissage de la langue. Les tons participent à la bonne prononciation, mais bien d’autres éléments aussi, comme les voyelles longues et courtes, dont on parle à peine. Une fois qu’on sait lire, on peut aussi « voir » les tons, puisqu’ils sont indiqués à l’écrit.
Un thaï sans tons reste compréhensible : voyez le lao, dont les tons diffèrent nettement du thaï, sans que ce soit vraiment un obstacle. Beaucoup de Cambodgiens parlent thaï sans les tons, et restent compréhensibles. Certains mots partagés avec le thaï se prononcent d’ailleurs de la même façon, bien que le khmer soit techniquement une langue sans tons.
Herb Purnell
Herb : Les gens diffèrent vraiment dans leur style d’apprentissage, leur motivation à apprendre le thaï, leur situation de vie, leurs occasions de suivre un enseignement (à supposer qu’ils y tiennent), et leur volonté d’utiliser la langue souvent, avec des interlocuteurs variés, ce qui implique de se rendre vulnérable. Il est donc sans doute impossible de dire quelque chose qui convienne à tout le monde. Mais voici quelques réflexions.
Pour des gens comme moi, une idée reçue serait de croire que le thaï écrit est la « vraie » langue. La vraie langue, c’est la langue orale, avec ses nombreux styles et niveaux de discours. L’écriture est séduisante, exotique et stimulante, et la lecture est très utile à partir du niveau intermédiaire, mais je la considère comme secondaire par rapport au thaï parlé.
Une autre idée reçue veut que la langue soit très facile, faute de la complexité des suffixes et préfixes du russe par exemple. Ou, à l’inverse, que le thaï soit vraiment difficile, presque impénétrable, voire inapprenable pour un non-Thaïlandais, à cause des tons, du flou entre singulier et pluriel, de l’absence de temps marqués, etc. La première idée peut mener à un excès de confiance quand l’apprenant progresse vite, surtout au début. La seconde peut mener au découragement, à une baisse de motivation, puis à un mélange de thaï et d’anglais, ou à se contenter d’un thaï approximatif, voire à désespérer de jamais progresser. Une voie médiane, équilibrée, semble fonctionner pour la plupart des apprenants : certaines choses sont faciles à saisir, d’autres difficiles mais finalement accessibles ; il suffit de rester positif, de continuer à travailler dur et d’apprécier l’expérience d’échanger avec les gens dans leur langue de cœur.
Pour certains, notamment ceux qui suivent un cours formel, l’idée reçue est qu’il suffit d’être attentif et de faire ses devoirs, peut-être d’écouter des extraits de la langue sur cassette, CD ou Internet, pour que la langue vienne toute seule. C’est peut-être vrai, mais le vrai bénéfice de l’apprentissage d’une langue, en autodidacte ou en classe, vient des échanges avec les gens, du fait de les connaître et de partager des idées. Dans mon travail actuel, dans une école de langues à Bangkok où je révise le programme, j’écris des exercices très ciblés et réalisables qui permettent aux étudiants d’utiliser ce qu’ils ont appris en classe dans des interactions avec des Thaïlandais en dehors des cours, des exercices très simples au départ jusqu’à des entretiens plus complexes au niveau intermédiaire avancé. Ces exercices relient l’apprentissage en classe et l’apprentissage dans la communauté et, si les étudiants acceptent de les suivre et de les utiliser, ils peuvent les aider à devenir des apprenants autonomes, avec des compétences qu’ils garderont bien après la fin des cours formels.
Hugh Leong
Hugh : La plus grosse erreur des gens, c’est de ne pas insister sur l’importance des tons thaïlandais. À mon avis, si vous vous trompez de ton, peu importe qu’on vous sourie, peu importe votre vocabulaire, peu importe votre niveau de lecture et d’écriture : personne ne comprendra un mot de ce que vous dites. Nuançons un peu : si vous passez beaucoup de temps avec quelqu’un, votre partenaire, votre bonne, votre caddie de golf, cette personne pourra peut-être « déchiffrer » vos tons incorrects et deviner ce que vous voulez dire. Cela devient alors une sorte d’idiolecte, votre langue bien personnelle, que seules quelques personnes comprennent.
Voici pourquoi les tons sont si importants. Les sons de l’anglais se divisent en 3 éléments essentiels : les consonnes, les voyelles et l’intonation. Si vous vous trompez sur l’un de ces éléments, votre interlocuteur aura du mal à vous comprendre. Prenons un exemple avec les consonnes : vous voulez dire « Your life is fine » (« Ta vie va bien »), mais vous confondez les consonnes et cela devient « Your wife is mine » (« Ta femme est à moi »), avec seulement deux petits changements de consonnes. Dites cela à la mauvaise personne, et vous verrez vite à quel point les consonnes comptent en anglais. On dit alors que ce changement de consonnes est « morphémique » : il change le sens du mot. Personne ne dirait qu’il est inutile d’apprendre les consonnes et voyelles de l’anglais. Alors pourquoi certains insistent-ils pour dire que les tons du thaï ne sont pas essentiels pour parler et être compris ?
En thaï, les tons sont tout aussi importants que les consonnes et les voyelles. Un changement de ton entraîne un changement « morphémique » du mot : il en change le sens. Parler un thaï sans tons revient à prononcer tous les mots anglais avec une seule consonne. « Your life is fine » deviendrait alors « Tour Tife is Tine ».
Pas étonnant que les Thaïlandais nous regardent parfois d’un air incompréhensif. Je ne dis pas qu’apprendre les tons du thaï sera facile. Il m’arrive encore d’avoir droit à ce regard-là. Et quand ça arrive, je n’en veux pas à mon interlocuteur de ne pas me comprendre : je sais qu’il me faut simplement travailler un peu plus dur. Dans l’un de mes livres préférés, Alice au pays des merveilles, Alice et Humpty Dumpty débattent pour savoir si « dire ce qu’on pense » revient au même que « penser ce qu’on dit ». Je n’ai jamais su qui avait raison. Mais je sais une chose : si l’on n’utilise pas les bons tons en parlant thaï, on pensera toujours une chose tout en en disant une autre.
Ian Fereday
Ian : Que ce soit plus difficile que n’importe quelle autre langue. Évidemment, pour un Européen, apprendre une langue qui utilise l’alphabet latin sera toujours plus facile, puisqu’il sait déjà (globalement) le lire. C’est pourquoi je pense que les apprenants devraient d’abord se débarrasser de la lecture. Ensuite, elle ne fait plus obstacle à l’expression orale et à la compréhension.
James (Jim) Higbie
Jim : Certains disent que les tons ne sont pas importants, mais votre thaï sonnera plutôt bancal si vous ne les apprenez pas.
Joe Cummings
Joe : Qu’on peut apprendre les tons sans apprendre à lire. Les enfants peuvent apprendre par pure imitation, pas les adultes. Les apprenants adultes tirent énormément profit à la fois d’un usage communicatif de la langue (comme dans la méthode Silent Way) et d’une réflexion explicite sur sa structure (traduction grammaticale). Il faut travailler la langue des deux côtés à la fois : la structure et la communication.
John Boegehold
John : Difficile à dire de mon point de vue, car je n’avais aucune idée préconçue en commençant ! J’ai remarqué chez d’autres étudiants une idée assez répandue : penser (ou du moins espérer) que le ton est un élément secondaire dans la prononciation d’un mot thaï, alors qu’en réalité, il est tout aussi important que les consonnes et les voyelles pour être compris clairement à l’oral.
Jonathan Thames
Jonathan : Que c’est particulièrement difficile et/ou impossible. Je ne sais pas, plein de choses. C’est ce qui se passe quand on apprend une langue : des centaines d’idées reçues s’effondrent avec le temps. C’est en tout cas mon expérience.
Justin Travis Mair
Justin : Que c’est TROP difficile. Apprendre n’importe quelle langue est difficile, et le thaï peut sembler encore plus ardu vu son peu de points communs avec l’anglais. Il reste toutefois tout à fait accessible, et je ne pense pas que ce soit hors de portée de quiconque est prêt à essayer de devenir courant en thaï.
Larry Daks
Larry : Je ne sais pas quelle est la plus grande idée reçue, mais en voici une qui pousse les gens à hésiter à parler : croire que si l’on prononce mal un mot, l’interlocuteur ne comprend pas. C’est vrai dans certains cas, mais en utilisant les mots dans des phrases, vos interlocuteurs arrivent souvent à deviner le contexte.
Luke Cassady-Dorion
Luke : Que c’est impossible à apprendre pour un étranger, que les tons sont un obstacle infranchissable (quiconque est déjà allé dans un bar karaoké sait que ce pays regorge de Thaïlandais qui chantent complètement faux et qui pourtant parlent parfaitement leur propre langue) et que le système d’écriture est un obstacle.
Marc Spiegel
Marc : Croire qu’on peut s’en sortir avec la translittération. Bien sûr, on peut apprendre la langue ainsi, et j’ai des amis qui sont courants ; mais leur prononciation est plutôt mauvaise, et il arrive souvent que les Thaïlandais ne comprennent ce qu’ils disent qu’après avoir entendu l’essentiel de la conversation et compris le sujet abordé. Pour vraiment maîtriser le thaï, je suis convaincu qu’il faut apprendre à bien le lire.
Marcel Barang
Marcel : Que la lecture et l’écriture sont difficiles à apprendre : cela prend du temps, certes, mais c’est extrêmement gratifiant. Si vous vous installez en Thaïlande pour plusieurs années, ça vaut vraiment le coup d’investir dans la lecture et l’écriture. Mon seul regret : je n’ai jamais appris à taper en thaï. Ça m’aurait bien servi dans mon métier, pour consulter des dictionnaires en ligne ou faire des recherches.
Mark Hollow
Mark : Que la lecture et l’écriture sont trop difficiles ou pas nécessaires. Oui, cela prend du temps et demande une pratique régulière, mais ce n’est pas trop difficile. Les bénéfices de savoir lire sont immenses.
Martin Clutterbuck
Martin : Qu’on peut apprendre cette langue sans apprendre son système d’écriture.
Nils Bastedo
Nils : Je pense que chacun est unique sur ce point. Comme les Thaïlandais ont tendance à complimenter et n’attendent pas grand-chose des étrangers, on peut se faire une fausse idée de son niveau. Restez humble. Vous serez avancé quand vous pourrez regarder des films et des journaux télévisés thaïlandais sans effort, et lire des livres et des journaux. Si vous ne pouvez pas lire un journal, vous êtes intermédiaire tout au plus.
Paul Garrigan
Paul : Je pense que les gens s’attendent à progresser vite, mais ce n’est pas le cas pour la plupart d’entre nous. On croit souvent être presque courant un jour, avant de réaliser qu’il reste un long chemin à parcourir. Il est facile de se décourager, car l’objectif semble toujours s’éloigner. Mais en persévérant, on progresse. Cela peut prendre du temps ; pour certains d’entre nous, ce sera même très, très long.
Peter Montalbano
Peter : Je pense que chacun a ses propres idées reçues. Certains pensent que les tons ne sont pas importants, ce qui est à peu près aussi faux que possible. D’autres ne remarquent pas la différence entre voyelles longues et courtes. D’autres encore ne saisissent pas la différence entre occlusives sourdes aspirées et non aspirées (p, t, k, ph, th, kh).
Et j’ai entendu pas mal de gens revendiquer un niveau courant alors qu’ils n’ont qu’assez de vocabulaire pour une conversation de base. Cela vient peut-être de l’idée reçue, que j’ai entendue chez de nombreux locuteurs de langues indo-européennes, selon laquelle cette langue s’apprendrait aussi facilement qu’une autre langue européenne. Au niveau oral de base, c’est peut-être aussi facile, voire plus facile. Mais au final, elle vient de l’autre bout du monde, et apprendre à la parler revient à se forger une seconde âme. Il n’existe presque aucun mot apparenté, donc le vocabulaire à apprendre depuis zéro est immense. La grammaire paraît incroyablement simple au premier abord, mais c’est trompeur. Presque à chaque niveau d’apprentissage, vous tomberez sur des phrases quasiment indéchiffrables sans aide. Si vous êtes comme moi, le processus d’apprentissage est très amusant, mais bien plus difficile que votre cours d’espagnol de troisième année, ou n’importe quelle autre langue de comparaison.
Rick Bradford
Rick : Une idée reçue courante est que le thaï est trop difficile à apprendre. Une autre, je pense, chez ceux qui ont commencé à le parler, est que maîtriser les tons n’est pas d’une importance cruciale.
Rikker Dockum
Rikker : Que l’apprentissage du thaï puisse être autre chose que fascinant, captivant et gratifiant. Ainsi que l’idée reçue selon laquelle savoir lire et écrire n’est pas essentiel, ou peut attendre plus tard.
Ryan Zander
Ryan : Que les tons sont la partie la plus difficile de l’oral. Quand j’entends quelqu’un parler mal le thaï, c’est presque toujours une erreur de consonnes qui me frappe l’oreille.
Scott Earle
Scott : 1. Que les tons ne sont pas importants (ils le sont vraiment !) 2. Qu’il n’est pas la peine d’apprendre à lire et à écrire. Cela facilite pourtant énormément une tâche difficile !
Stephen Thomas
Stephen : Qu’on peut s’en sortir avec la romanisation. Certains sons de consonnes et de voyelles existent en thaï sans équivalent en anglais. De plus, nos voyelles anglaises servent à double, voire triple usage. En thaï, une voyelle ne représente que ce seul son, à l’exception de quelques combinaisons considérées comme des diphtongues à part entière. La seule lettre A sert à représenter 4 voyelles thaïes différentes. En anglais, je peux substituer un son A à un autre dans un mot et vous reconnaîtrez la même lettre, mais pour un Thaïlandais, vous venez de changer complètement l’orthographe. De plus, certaines voyelles thaïes se prolongent plus longtemps que d’autres, mais l’alphabet latin ne permet pas de le noter, ce qui pousse à accentuer la mauvaise syllabe, ce qui donne à nouveau une orthographe complètement différente.
Chaque fois que je vois un nom ou un lieu écrit en alphabet latin, je cherche l’orthographe thaïe pour savoir comment il se prononce réellement. Certains assistants réalisateurs m’ont proposé des scripts « karaoké », et je refuse toujours.
Le thaï est en réalité une langue remarquablement facile à atteindre au niveau de base, et comme toutes les langues, cela demande de la pratique, un bon enseignement et beaucoup de répétition. Je pense que l’un des gros problèmes, c’est que les Thaïlandais, malgré leurs nombreuses qualités, ne sont pas les meilleurs professeurs du monde. Beaucoup se contentent de rester debout devant la classe à parler. Être engageant ne semble pas compter beaucoup en Thaïlande en matière de pédagogie.
Stickman
Stickman : Que la langue est difficile à cause des tons. Ce n’est pas le cas !
Stuart (Stu) Jay Raj
Stu : Que la présence d’une quarantaine de consonnes rend la langue « difficile à apprendre ». … ah, et que « les tons sont difficiles ».
Tom Parker
Tom : Qu’on peut se fier aux systèmes de translittération pour une prononciation correcte.
Thomas Lamosse
Thomas : Prendre des raccourcis. Se concentrer sans cesse sur l’élargissement du vocabulaire avant d’avoir une prononciation correcte des mots qu’on connaît déjà. Apprenez à prononcer parfaitement chaque mot de votre vocabulaire avant d’en ajouter de nouveaux.
À mon avis, mieux vaut parler 10 mots parfaitement qu’avoir un vocabulaire immense mal prononcé, avec des erreurs de consonnes, de tons et de voyelles.
Tod Daniels
Tod : Que la lecture et la compréhension de l’écrit en thaï sont hors de portée. Cela prend du temps, d’innombrables heures de mémorisation et de révision, mais pour moi, il est bien plus facile de lire/comprendre un texte en thaï que de parler un thaï clair en tant qu’étranger.
Autre vieille excuse boiteuse : « Je ne peux pas parler thaï, je n’ai pas d’oreille et je n’entends pas la différence entre des mots aux sonorités proches mais aux tons différents. » Au début, moi non plus, et j’ai failli abandonner. J’ai alors commencé à apprendre les différents tons sur des mots à haute fréquence que j’utilisais : blanc, riz, chemise, tapis, tigre, etc. (bien que je parle rarement de tigres, en règle générale !). J’ai fini par vraiment entendre les tons quand les Thaïlandais me parlaient. Je me suis aussi concentré UNIQUEMENT sur les tons descendant et montant, les trois autres pouvant être assez flous à l’oral sans perte de compréhension pour un Thaïlandais.
Je pense que N’IMPORTE QUI, en s’y mettant vraiment, peut apprendre à tenir une conversation en thaï, à se faire comprendre et à gérer ses échanges quotidiens en thaï.
Vern Lovic
Vern : C’est peut-être l’idée que « si j’apprends le thaï, je connais le thaï ».
Ce que je veux dire, c’est qu’il existe tellement de dialectes différents en thaï que vous pouvez très bien maîtriser le thaï, déménager 100 km plus loin, et vous retrouver en difficulté. Quand ma femme a quitté l’Isaan pour le sud, elle était tout aussi perplexe que moi. Ça m’a beaucoup rassuré. Le dialecte du sud est très différent : très peu d’expression tonale et énormément de sons vocaliques. Je plaisante avec les moines du temple quand ils me parlent en dialecte du sud, en leur répétant ce que ça me semble avoir sonné… Un truc du genre « Aweeooweeeweeee Oh Wa ? »