Livres de langue thaïlandaise : une revue des titres disponibles

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Les livres sont sans doute le plus vieux moyen d’apprendre une langue et ils ont de vrais atouts : on voit ce qui est écrit sur la page, ça ne disparaît pas, et ils restent relativement faciles à transporter. Le revers de la médaille, c’est l’absence de retour immédiat sur ce qu’on apprend ; on peut ainsi mémoriser du vocabulaire et de la grammaire, mais la conversation, elle, reste difficile à acquérir.

Il est également difficile de restituer correctement les tons à partir d’un livre : vous risquez de bafouiller en demandant où sont les toilettes. De nombreux ouvrages proposent un support audio, mais si vous êtes comme moi, vous l’avez sans doute égaré.

Livres pour débutants

Thai for Beginners

thai for beginners

Thai for Beginners est un ouvrage de référence, disponible depuis longtemps et facile à trouver. C’est aussi l’un des manuels de thaï les plus simples à se procurer. Publié en 1995, il est censé être accompagné d’une version audio.

C’est un point de départ plutôt correct pour les débutants, d’autant qu’il est facile à trouver et bon marché. L’auteure introduit toutefois une version phonétique du thaï, ce qui peut sérieusement perturber les apprenants. Contrairement à l’anglais, le thaï est une langue phonétique : les mots se prononcent exactement comme ils s’écrivent. Apprendre l’alphabet et les règles de ton serait donc plus judicieux que de perdre du temps à maîtriser une seconde langue artificielle.

Il existe bien un système officiel de romanisation, mais il n’est pas vraiment appliqué. Chaque ouvrage et chaque éditeur utilise son propre système de translittération, ce qui rend son apprentissage à peu près inutile. Fait intéressant, Becker, l’auteure de Thai for Beginners, déconseille elle-même de s’appuyer sur la translittération. La citation mérite d’être reprise en entier :

« Même pour une conversation de base, l’alphabet thaï phonétique est utile. Utiliser le système d’écriture thaï développe l’expression orale et la compréhension autant que la lecture et l’écriture. Détachez-vous de la translittération le plus tôt possible. Vous ne regretterez pas l’effort supplémentaire consacré à l’apprentissage de l’écriture thaïe. »

Beaucoup de lecteurs ont été gênés par l’usage du thaï phonétique chez Becker, « Je trouve ce livre très utile, mais ça devient confus parce qu’il utilise un système de romanisation différent de celui d’un autre ouvrage que j’ai, et les deux ne correspondent pas toujours », écrit une lectrice sur Goodreads.

Becker propose aussi des guides d’écriture pratiques pour s’entraîner à tracer l’alphabet dès le début. Elle découpe judicieusement l’alphabet en consonnes moyennes, hautes et basses, ainsi qu’en voyelles courtes et longues. Les quiz de l’ouvrage permettent en plus de consolider les leçons de chaque chapitre.

Le principal défaut de Thai for Beginners, c’est que certaines phrases sonnent un peu formelles, voire déplacées. Par exemple, dans une conversation téléphonique entre deux amis, Becker utilise le mot assez soutenu ทาน Tan (manger) plutôt que le plus courant กิน Kin. Rien de mal à être formel et poli, mais c’est étrange dans une discussion ordinaire entre amis ou collègues. Cela dit, peut-être avez-vous envie de traiter vos amis avec tout le respect qu’ils méritent, ou alors, comme moi, pas vraiment.

Si l’ouvrage de Becker reste la ressource la plus populaire, il a vieilli et sa mise en page complique un peu l’étude.

Everyday Thai for Beginners

everyday thai for beginners

Publié en 2007, Everyday Thai for Beginners affiche un look plus moderne. Sa mise en page est meilleure, ce qui le rend plus facile à lire et à étudier que Thai for Beginners.

L’un des vrais atouts, ou inconvénients selon le point de vue, c’est l’absence totale de phonétique anglo-thaïe. Toutes les explications sont en anglais ou en thaï. C’est une excellente ressource si vous connaissez déjà l’alphabet et savez prononcer les groupes de consonnes de base. Le travail de Wiworn Kesavatana-Dohr est une aide précieuse pour apprendre à lire et à écrire, ce qui, comme je l’ai déjà dit, aide énormément à apprendre le thaï puisque la langue est phonétique.

Les éditions récentes sont généralement vendues avec un support audio (CD ou fichiers téléchargeables) pour travailler la compréhension et l’expression orales.

Certains commentateurs sur Amazon conseillent d’apprendre d’abord l’alphabet avec Thai for Beginners, puis de s’appuyer davantage sur Everyday Thai for Beginners. C’est un conseil judicieux, puisque ce dernier ne commence pas par enseigner l’alphabet : il part du principe que l’élève connaît déjà les lettres et les voyelles.

L’ouvrage commence par les règles de ton, posées comme fondation de l’apprentissage, avant d’aborder les thèmes classiques : salutations, relations familiales, vie quotidienne, temps, nourriture, directions et démarches courantes. Aux exercices et quiz habituels s’ajoutent des encadrés culturels, car la langue et la culture se façonnent mutuellement dans un va-et-vient constant.

Par exemple, Kesavatana souligne que les Thaïlandais s’appellent surtout par leur prénom, et que lors d’une présentation, seul le prénom est en général donné. Il ne s’agit d’ailleurs pas du prénom légal mais d’un surnom, souvent d’une seule syllabe, comme Pear, Ploy, Dam ou Beer. Les noms légaux sont généralement plus longs et un peu difficiles à prononcer pour une langue étrangère.

De plus, en conversation, les Thaïlandais omettent souvent les pronoms lorsque le sens est déjà clair pour les interlocuteurs. Pour un débutant, cette évidence n’en est pas toujours une, et comprendre ce fonctionnement aide à combler l’écart.

Je recommande vraiment cet ouvrage comme ressource solide. Son prix est raisonnable, il est assez facile à trouver et constitue, dans l’ensemble, un guide pratique et bien utile.

Livres pour niveau intermédiaire

Thai for Intermediate Learners

thai for intermediate learners

Dans sa série d’ouvrages, Becker a également publié un manuel pour niveau intermédiaire, Thai for Intermediate Learners. Dans l’introduction, elle conseille de nouveau d’apprendre à lire et à écrire, « puisque le thaï utilise un alphabet phonétique, la lecture et l’écriture renforcent les autres compétences ». Ce manuel intermédiaire, publié en 1998, reprend une mise en page et une structure très proches de Thai for Beginners.

Il s’agit essentiellement d’un prolongement des leçons du manuel pour débutants, avec davantage d’informations sur les directions, les provinces, ให้ hai (donner), ความ kwam (la substance, le sens de) et ใจ jai (cœur, émotion), entre autres sujets.

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Comme Thai for Beginners, ce manuel intermédiaire propose des listes de vocabulaire et des tests à la fin de chaque chapitre. Il fait un peu daté mais reste facile à trouver ; je le recommanderais si vous êtes vraiment à court d’options pour apprendre le thaï. C’est en somme un prolongement de Thai for Beginners, avec toutes ses qualités et ses défauts.

Thai Reference Grammar

Thai reference grammar

Thai Reference Grammar est un ouvrage colossal, sans doute réservé à ceux qui ont besoin de connaître en profondeur la structure de la langue et ses variations. Publié en 2002 par James Higbie et Snea Thinsan, il pose clairement les règles du jeu.

Le duo rassemble 400 pages, plus un index complet, sur les moindres rouages du thaï. La translittération y domine sans surprise, ce qui est un peu agaçant et alourdit visuellement le texte. Quiconque se plonge dans ce livre devrait déjà avoir des bases solides en thaï.

Un exemple tiré de l’ouvrage : le passage où les auteurs décrivent quatre façons différentes de dire « d’habitude ».

Il y a d’abord le mot ธรรมดา tham-ma-da, qui signifie ordinairement, régulièrement, habituellement, et qui fonctionne aussi comme adjectif signifiant « normal ».

Il est « habituel » qu’un homme apprécie une femme bien comme vous.

มันเป็นธรรมดาที่ผู้ชายจะชอบผู้หญิงดีอย่างคุณ (Mun pen tham-ma-da thee phoo-chai ja chawp phoo-ying dee yang koon)

La deuxième façon de dire « d’habitude » passe par le mot plus formel ปกติ pok-ga-tee. La nuance est légère : ปกติ signifie « couramment », « habituellement », « régulièrement », et sert aussi à dire « normal » dans un contexte médical.

D’habitude, je me couche à neuf heures du soir.

ฉ้นนอนสามทุ่มโดยปกติ (Chan nawn sam thoom doy pok-ga-tee)

La troisième façon consiste à utiliser มักจะ. Cette expression signifie « habituellement » et « susceptible de ». Elle peut aussi vouloir dire « enclin à » et « fréquemment ». Elle se place avant le verbe, et le จะ est parfois omis, même s’il est généralement conservé.

À cette saison, il pleut généralement fort.

หน้านื้ฝนมักจะตกหนัก (Na nee fon mak ja tok nak)

La dernière façon de dire « d’habitude » utilise l’expression ส่วนมาก, qui signifie « la plupart du temps » ou « le plus souvent ». Elle peut aussi qualifier un nom, comme dans « la plupart des Thaïlandais » (คนไทยส่วนมาก)

D’habitude, je ne bois pas de bière. Je préfère le vin.

ส่วนมากผมไม่กินเบียร์ ผมชอบกินไวน์ (Suan mak phom mai gin bia. Phom chawp gin wai)

Si votre objectif est seulement de tenir une conversation de base, connaître plusieurs mots de sens proche n’est absolument pas nécessaire. Bien sûr, on aime varier ses phrases pour ne pas répéter systématiquement la même chose. Mais la plupart du temps, un seul mot de vocabulaire suffit, et quelle que soit la façon dont vous dites « d’habitude », vous vous ferez comprendre.

Blagues de vocabulaire mises à part, ce livre est probablement le plus approfondi de tous les manuels de thaï, ce qui ne veut pas dire qu’il convient à tout le monde. Je le conseillerais aux étudiants d’un niveau assez avancé. Sa mise en page et son ton scolaire inspirent l’autorité, mais pas forcément la facilité d’apprentissage.

Un commentateur de LearnThaiReviews l’a bien résumé : « Je dirais que ce livre est plutôt ennuyeux à lire, et qu’on ne pourrait probablement pas s’asseoir et le lire d’un bout à l’autre. C’est en revanche un excellent ouvrage de référence, à feuilleter de temps en temps pour apprendre des structures grammaticales. »

C’est un bel ajout pour l’étudiant déjà avancé en thaï. En revanche, si votre objectif se limite à la conversation quotidienne de base, mieux vaut passer votre chemin.

Thai: An Essential Grammar

Thai an essential grammar

Thai: An Essential Grammar, de David Smyth, maître de conférences en thaï à la School of Oriental and African Studies de l’université de Londres, présente une structure et une tonalité proches d’Everyday Thai Language. Il s’utilise cependant davantage comme un ouvrage de grammaire classique. Smyth s’était fixé pour objectif de créer un « guide concis et convivial des structures de base de la langue », un pari réussi.

Publié en 2002, Thai: An Essential Grammar reste d’actualité et commence lui aussi par un guide de prononciation. Smyth réinvente la roue en proposant un système de translittération couvrant consonnes, consonnes finales, groupes consonantiques, voyelles et diphtongues. Il affirme que « dans l’ensemble, la correspondance entre l’orthographe et la prononciation du thaï est remarquablement étroite ; si l’on connaît les règles, on peut quasiment garantir qu’on saura lire le mot correctement ».

Sans vouloir enfoncer le clou, voilà une raison de plus d’apprendre à lire et à écrire. Comme le souligne Smyth, il existe quelques cas où prononciation et orthographe divergent. D’abord lorsque le ton suggéré par l’orthographe ne se reflète pas dans la prononciation, notamment pour des mots écrits avec un ton montant mais prononcés avec un ton haut. Ensuite lorsque la longueur des voyelles (le thaï en compte des courtes et des longues) n’est pas respectée à l’oral, sans oublier quelques groupes de consonnes atypiques.

Ce n’est pas le meilleur guide d’apprentissage, mais c’est une excellente ressource pour approfondir la grammaire et les structures de la langue. Je le recommande comme l’une des meilleures ressources complémentaires disponibles.

Un commentateur l’a trouvé encore plus convaincant que moi, écrivant que « j’adore ce croisement entre un livre de grammaire au ton un peu guindé et un guide de conversation vraiment utilisable. Il m’a essentiellement appris à lire et à écrire le thaï, et à sortir la phrase parfaite au bon moment ».

C’est assurément un livre de grammaire plus vivant, surtout comparé à Thai Reference Grammar. Un ajout bienvenu à votre bibliothèque, mais probablement pas le meilleur premier achat. Je commencerais plutôt par Everyday Thai for Beginners.

100 Thai Words to Make You Sound Thai

100 Thai words that make you sound Thai

Plutôt qu’une simple liste de phrases, 100 Thai Words That Make You Sound Thai: Thai For Intermediate Learners propose des exemples de phrases en contexte, avec des indications sur le moment approprié pour les utiliser en conversation. J’apprécie de savoir si une expression est formelle ou familière, et comment l’employer naturellement. Les phrases sont utiles et permettent de dépasser le simple format question-réponse dans lequel s’enferment la plupart des débutants. Le livre précise aussi quelles expressions sont plutôt utilisées par les hommes ou par les femmes, et utilise une échelle pour indiquer la charge émotionnelle d’un mot, ce qui aide à éviter les contresens de contexte. En discutant avec quelques jeunes Thaïlandais, certains ont mentionné que certaines expressions étaient plutôt utilisées par des Thaïlandais d’âge mûr ou plus âgés ; mais si vous appartenez à cette tranche d’âge, elles vous conviendront parfaitement.

100 Thai Words to Start Speaking Thai

100 Thai words to start speaking Thai

100 Thai Words To Start Speaking Thai: For Absolute Beginners and Tourists fait le pont entre le guide de conversation et le manuel de langue à part entière. J’aime sa simplicité : quelques pages suffisent pour obtenir une expression, un peu de contexte et des phrases d’exemple. La plupart des expressions sont bien utiles et correspondent à des mots employés au quotidien. On y trouve un éventail de verbes, de salutations, de lieux et d’émotions pour tenir une conversation de base. L’écriture thaïe est également présente pour ceux qui veulent s’entraîner à lire. La méthode de prononciation demande un temps d’adaptation, mais elle fonctionne.

Remarque

Il est important de retenir qu’apprendre le thaï uniquement dans les livres ne suffit sans doute pas. Même si c’est l’une des meilleures options pour apprendre à lire et à écrire, cela n’aide pas beaucoup pour parler et comprendre à l’oral. Mieux vaut sortir et discuter avec des locaux pour progresser dans la langue. Si ce n’est pas possible, il existe diverses méthodes pour apprendre le thaï qui peuvent vous y aider.

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