Points clés
- Le mal du pays fait partie intégrante de la vie d’expatrié ; ce n’est pas le signe d’une mauvaise décision, la plupart des expatriés de longue durée le ressentent, surtout la première année.
- Trouver une communauté demande des efforts délibérés, surtout dans les provinces peu touristiques où l’on croise peu d’anglophones ou d’autres expatriés.
- Participer régulièrement à une activité (salle de sport, groupe communautaire ou échange linguistique) vous offre un point d’ancrage fiable pour nouer des amitiés avec le temps.
- Rester en contact avec la famille et les amis restés au pays grâce à des appels réguliers aide à combler le vide affectif, sans pour autant vous détacher mentalement de la vie locale.
- Vivre à l’étranger change le regard que l’on porte sur son pays d’origine : on apprécie davantage ce qu’il fait bien et on accepte ses défauts avec plus d’objectivité.
- Le chez-soi est moins une question de géographie que de personnes et d’habitudes que l’on construit autour de soi, où que l’on soit.
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Il y a cinq ans, mon épouse et moi avons pris une décision qui a changé nos vies : quitter les États-Unis pour nous installer dans son pays natal, la Thaïlande.
Je m’attendais à ce que l’expatriation soit une expérience exaltante et transformatrice, riche en nouvelles aventures, en découvertes et en perspectives inédites, une occasion unique de développement personnel.
Pourtant, je me suis rendu compte que s’adapter à la vie dans un pays étranger comportait son lot de défis particuliers.
Vivre à l’étranger ne se résume pas à un simple changement de lieu ; c’est un cheminement émotionnel complexe.
Souvent discrètes, ces émotions peuvent être profondes et se traduisent fréquemment par un mal du pays.
Chaque expérience étant unique, il n’existe pas de recette universelle pour gérer ces émotions et surmonter le mal du pays.
Néanmoins, en partageant mon propre parcours et les leçons que j’en ai tirées, aussi subjectives et personnelles soient-elles, j’espère apporter à la fois une forme de réconfort et d’inspiration à ceux qui traversent leur propre cheminement.
Contents
Ai-je le mal du pays ?
« Ai-je le mal du pays ? » Cette question résonne en moi tandis que je poursuis ma vie loin des États-Unis.
Après trois ans passés à l’étranger, je me surprends à repenser à la multitude d’émotions que ce parcours a suscitées.
Mes amis et ma famille me manquent, c’est indéniable. Les rires familiers, les souvenirs partagés et ce sentiment réconfortant d’appartenance sont irremplaçables.
Certains aspects des États-Unis me manquent-ils ? Assurément.
En revanche, d’autres aspects de la vie américaine ne me manquent pas du tout, des éléments qui entraient peut-être en conflit avec mes idéaux personnels et le mode de vie que je souhaitais.
Je pense notamment à certaines normes culturelles qui, sans être négatives en soi, ne correspondaient pas à mes aspirations.
Vivre à l’étranger m’a ouvert les yeux. Cela m’a permis de porter un regard plus objectif sur mon pays d’origine, d’en apprécier les qualités tout en comprenant et en acceptant ses défauts.
Bien que je sois pleinement satisfait de ma décision de me lancer dans cette aventure, une partie de mon cœur reste auprès des proches que j’ai laissés derrière moi.
C’est un sentiment doux-amer qui continue de façonner mon parcours et me rappelle que mes racines et mes attaches font partie intégrante de qui je suis, où que j’aille.
Le chez-soi, on le construit soi-même
Même si c’est un cliché, l’idée que « le chez-soi, on le construit soi-même » trouve chez moi un écho profond.
Je pense que les biens matériels ne définissent pas et n’apportent aucune valeur intrinsèque à la notion de foyer.

Pour ma part, avec mon épouse, une seule chose compte réellement : la présence de notre chienne bien-aimée, Zoe.
Tant que la chaleur de notre famille nous entoure, peu importe l’endroit, du moment que nous sommes réunis, nous sommes « chez nous ».
Conseils et astuces
Fidèle à cette philosophie qui valorise le vécu de chacun, je ne vais pas vous livrer de conseils génériques ou de recettes toutes faites.
Je préfère plutôt partager mon propre parcours et les moments charnières qui ont marqué ma vie d’expatrié.
Ces réflexions, issues de mon vécu, se veulent une source d’inspiration plutôt qu’un mode d’emploi, car chaque parcours d’expatrié est unique et profondément personnel.
Se créer une communauté
À mon arrivée en Thaïlande, mon épouse et moi avons choisi de nous installer dans sa province natale, Kamphaeng Phet.
Pour ceux qui ne connaissent pas Kamphaeng Phet, il s’agit d’une province paisible du bas nord de la Thaïlande, réputée pour bien des choses, mais pas pour son tourisme.
Malgré la présence de mon épouse et l’accueil chaleureux de sa famille, je ressentais le besoin d’une communauté et d’un sentiment d’appartenance.
En général, dans les provinces et les villes touristiques, il est facile de rencontrer d’autres expatriés accueillants et des Thaïlandais anglophones ravis d’accueillir de nouvelles têtes dans leur communauté.
Bien que les habitants de Kamphaeng Phet se soient montrés très accueillants dans leurs intentions, très peu d’entre eux, voire aucun, parlaient anglais à l’époque où j’y vivais.
Malgré la barrière de la langue et le peu d’expatriés visibles, j’étais déterminé à me faire de nouveaux amis.
Aller vers les autres
Je dois avouer que mes chances de me faire des amis à Kamphaeng Phet paraissaient minces au départ.
J’ai néanmoins gardé espoir et pris l’engagement de me rapprocher de la communauté qui m’entourait.
Cette détermination a débouché sur une rencontre inattendue avec une autre expatriée, professeure au lycée local.
Par un heureux hasard, elle venait elle aussi de Californie, ce qui a immédiatement créé un lien entre nous.
Cette rencontre imprévue a marqué un tournant : elle nous a présentés, mon épouse et moi, à sa communauté d’expatriés.
Ce groupe est vite devenu comme une famille élargie pour nous.
Notre lien avec cette communauté a survécu à notre séjour à Kamphaeng Phet. Même après notre déménagement, les amitiés nouées là-bas restent bien présentes dans nos vies.
Nous tenons à ces relations et retournons régulièrement les entretenir dès que nous passons dans la région, preuve que s’ouvrir à de nouvelles expériences et à de nouvelles amitiés laisse une empreinte durable.
Célébrer les fêtes et les traditions
À Kamphaeng Phet, ma communauté d’expatriés est devenue une véritable famille de cœur, surtout pendant les fêtes et les traditions qui nous rappelaient nos proches restés au pays.
Nous avons lancé la joyeuse tradition des repas partagés, où chacun apportait un plat représentant un morceau de sa culture et de ses fêtes d’origine.
La table s’est transformée en véritable tour du monde des saveurs, chaque plat racontant une histoire venue d’un coin différent de la planète.
Ces échanges culinaires sont devenus un moyen de partager nos traditions culturelles et nos histoires personnelles.
Malgré une nostalgie palpable de ne pas célébrer ces occasions avec nos familles respectives, le partage de nos traditions au sein de notre communauté nous a permis d’honorer ces souvenirs précieux tout en en créant de nouveaux.
Ce mélange du passé et du présent, de cultures diverses et d’expériences partagées, en est venu à symboliser l’esprit de famille en terre étrangère.
Cette fusion nous a permis de nous sentir liés non seulement les uns aux autres, mais aussi aux souvenirs et aux traditions qui nous tenaient à cœur.
S’ouvrir à la culture locale
S’accrocher aux traditions de son pays d’origine est réconfortant, mais s’immerger dans la culture locale est tout aussi important : cela contribue grandement à faire de votre nouveau pays un véritable chez-vous.
Adopter la culture locale ne fait pas que détourner l’attention du mal du pays : cela enrichit aussi véritablement l’expérience d’expatriation.

Plus vous vous impliquez dans la culture locale, plus elle vous semblera familière et moins dépaysante.
Rester en contact
Dans mon parcours d’expatrié, rester en contact avec mes proches aux États-Unis a pris une importance considérable.
Grâce aux progrès technologiques, cette tâche est devenue remarquablement simple. Les appels vidéo, en particulier, sont passés d’une simple commodité à un élément essentiel de ma vie à l’étranger.
Ces appels ne se limitent pas à de simples conversations informelles : ce sont de véritables bouées de sauvetage qui font entrer les visages et les voix familiers de mes amis et de ma famille dans mon nouveau quotidien, me permettant de partager des moments et des expressions qu’un texte ou un e-mail ne saurait transmettre pleinement.
Ils font office de pont numérique, une véritable fenêtre ouverte sur la vie de l’autre, garantissant que la distance physique ne se transforme pas en distance affective.
En intégrant activement mes proches à mon quotidien grâce à ces appels, j’ai su préserver un lien fort et enrichir mon expérience à l’étranger, trouvant un équilibre harmonieux entre le respect de mes racines et mon épanouissement dans ma nouvelle vie.
Encourager les visites
Inviter vos amis et votre famille à venir vous rendre visite dans votre nouveau pays peut être une expérience enrichissante, pour eux comme pour vous.
Avant leurs visites, j’avais du mal à transmettre toute la profondeur et les nuances de ma vie en Thaïlande.
Les subtilités culturelles, devenues partie intégrante de mon quotidien, se perdaient souvent lorsqu’il fallait les décrire avec de simples mots.
Mais lorsque mes proches sont venus me voir, ils se sont immergés dans la culture et le mode de vie thaïlandais, découvrant mon nouveau monde de première main.
Cette expérience directe a été précieuse pour combler le fossé culturel. Elle a transformé les concepts abstraits de ma vie d’expatrié en expériences concrètes et tangibles, renforçant leur compréhension des saveurs culturelles et des changements de mode de vie que j’avais adoptés.

Cette expérience partagée a enrichi nos échanges et notre compréhension mutuelle, donnant naissance à un dialogue plus profond et plus connecté sur nos mondes respectifs.
Ces échanges culinaires sont devenus un moyen de partager nos traditions culturelles et nos histoires personnelles.
Malgré une nostalgie palpable de ne pas célébrer ces occasions avec nos familles respectives, le partage de nos traditions au sein de notre communauté nous a permis d’honorer ces souvenirs précieux tout en en créant de nouveaux.
Ce mélange du passé et du présent, de cultures diverses et d’expériences partagées, en est venu à symboliser l’esprit de famille en terre étrangère.
Cette fusion nous a permis de nous sentir liés non seulement les uns aux autres, mais aussi aux souvenirs et aux traditions qui nous tenaient à cœur.
Adopter la technologie
Au-delà de rapprocher les distances avec mes proches, la technologie a été une porte d’entrée vers une forme de continuité culturelle, me permettant de rester à l’affût de l’évolution des médias et du divertissement.
Elle m’a permis de suivre les derniers films, podcasts, vidéos et séries, en restant connecté au pouls culturel que je connaissais autrefois.
Mieux encore, elle m’a offert le réconfort de redécouvrir des séries et des films qui me sont chers, ces histoires et personnages familiers qui suscitent rires et joie.
Dans les moments de nostalgie ou de légère mélancolie, cet accès à des divertissements familiers agit comme un baume apaisant, remontant le moral et procurant un sentiment de foyer loin du foyer.
Il faut néanmoins reconnaître que la technologie, si précieuse soit-elle à bien des égards, peut aussi poser des difficultés.
Elle se révèle souvent une arme à double tranchant, notamment par sa capacité à nous submerger des aspects les moins reluisants des médias.
Le flux constant d’informations, tout en me maintenant connecté, peut parfois devenir envahissant, surtout lorsqu’il regorge de mauvaises nouvelles ou de sensationnalisme.
Ce déluge d’informations exige une consommation réfléchie, afin que les bienfaits de rester informé et diverti ne se fassent pas au détriment de la tranquillité d’esprit.
Ainsi, si la technologie sert de pont vers une certaine familiarité culturelle et une source de réconfort, elle exige aussi un usage mesuré pour se prémunir contre la surcharge d’informations et l’intrusion de négativité dans mon expérience d’expatrié.
Laissez du temps au temps
Enfin, s’adapter est un processus qui prend du temps.
S’installer dans un nouveau pays se fait progressivement, et il est tout à fait normal de traverser des moments difficiles.

La patience est essentielle pour traverser cette transition de vie.
Le temps nécessaire pour s’adapter à une nouvelle culture varie d’une personne à l’autre.
Mon conseil : ne vous fixez pas de délai précis ni d’objectif final, mais savourez le processus et le chemin parcouru.
À vous de jouer
Le chez-soi est avant tout un état d’esprit. Après trois ans passés en Thaïlande, j’en suis venu à la considérer comme mon havre de paix, et je suis heureux de l’appeler chez moi.
Rappelez-vous qu’il ne s’agit pas de remplacer votre foyer aux États-Unis, mais d’élargir votre conception de ce que signifie le mot « chez-soi ».
En définitive, malgré les différences propres à chaque culture, ce qui ressort avant tout, c’est l’essence universelle de l’humanité : le besoin de lien, de compréhension et d’appartenance.
En tant que citoyens du monde, nos expériences partagées, notre respect mutuel et notre compréhension réciproque ouvrent la voie à un monde plus connecté et plus harmonieux.